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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 19:26
DES PAPILLONS SOUS LA PLUIE
MIRA MAGEN, Édition Mercure de France, Bibliothèque étrangère 2008; paru en 2005 en Israël


Trois jours. Trois jours à attendre une mère partie 25 plus tôt; abandonnant son fils de dix à la garde de sa grand-mère.


Trois jours à repasser en revue, l'enfance, les questions sans réponse, la famille, l'amour; à interroger l'avenir.


Adam Ouria est médecin, un bon médecin de famille, élevé par sa grand-mère, mama Ruth, aujourd'hui placée dans un institut suite à un AVC qui lui a coupé la parole, les jambes et une partie des neurones qui reliait sa conscience au monde extérieur. Adam Ouria, amant d'Eliana, à laquelle il n'ose encore passer la bague au doigt, trop belle trop ambitieuse trop calée, trop pour lui. Adam Ouria cousin de Dafy, mère de famille mariée à un militaire, déçue par une vie trop routinière. Adam Ouria ancien enfant sage.


Il ne l'attendait plus, elle était parti depuis si longtemps, elle avait l'habitude de dire 'je reviens dans cinq minutes' pour revenir au bout de deux heures. Alors, lorsqu'à dix ans elle était partie, il l'avait attendu, puis il avait rangé cela et ne l'attendait plus tout. Elle l'avait bringuebalé partout, de studio en caravane, des trottoirs ou elle vendait sa verroterie aux escaliers qu'elle lavait pour gagner sa vie. Elle l'avait cruellement sevré d'amour maternel, quand elle collectionnait les amants de passage, et l'avait nourri d'espoirs déçus, lui qui avait foi en elle. Et un jour elle était parti laissant ce petit homme avec des questions.



Alors maintenant elle revenait. Pourtant oui elle l'aimait à sa façon.

Ce roman n'est pas une histoire de retrouvailles, plutôt une introspection, un retour vers cette période charnière qu'est l'enfance. Les blessures, les attentes qui marquent à jamais l'homme, le construisent de façon détourné.
Le retour ne sera évoqué qu'à la toute fin du livre.

On ne tombe pas dans le pathos, on n'a pas droit à de grandes leçons de morales, simplement des tranches de vie, la Vie, comme elle peut être stimulante ou angoissante.

C'est une très belle histoire que nous raconte Mira Magen et ce livre prouve un talent certain de narration et d'imagination. On suit sa plume avec bonheur et intérêt. C'est pour l'instant son seul livre traduit en français. On souhaite que d'autres suivent vite.


Extraits :


Il glissa la photo dans la poche de sa chemise, la loupe dans celle de son pantalon et leva la tête vers la fenêtre. Il faisait totalement nuit. « Voilà, une journée de passée », disait mama Ruth tous les soirs lorsque, de la fenêtre de sa cuisine, elle voyait la cour s'obscurcir. Jamais elle ne lui avait révélé si elle était contente ou triste que son stock de journées s'amenuise. « Bon, alors comment s'est déroulée cette journée ? » demandait-elle, à l'instar d'un épicier qui calculerait son bénéfice quotidien, à croire qu'elle devait rendre des comptes au propriétaire de ce monde. « C'a été une tranche de vie », résumait-elle les journées uniquement occupées par les actes ordinaires de l'existence, la cuisine, la lessive, le repassage. En revanche, celles où elle avait reçu une visite ou bien celles où ils étaient allés au cinéma se résumait par un « que tous les jours soient bénis de Dieu », mais elle se hâtait d'ajouter : « Ne va surtout pas imaginer que je suis devenue croyante, c'est juste que pour l'instant je n'ai pas trouvé de meilleure formule. » Elle ne cherchait jamais à flatter le bon Dieu, mais de temps en temps, elle étai prise de panique comme si, pour un instant, les voiles des cieux se relevaient et qu'un doigt accusateur se tendait vers elle. Alors elle disait « J'espère que ton grand-père ne le monte pas contre moi, le vieux, là-haut. »




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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 21:14
Adam ressuscité
Yoram Kaniuk, roman de 1971
Publié en français aux Éditions Stock 1980


Ce roman raconte l'histoire d'Adam Stein, interné régulier de l'Institut de Réhabilitation et de Thérapie, situé au coeur du Néguev.

Adam Stein, rescapé de la Shoah.

Adam Stein, célèbre clown allemand.

Adam Stein, chien de Herr Commandant Klein à qui il doit la vie.

Adam Stein, thérapeute d'un enfant chien.

Adam Stein, amant de Jenny.

Adam Stein, fou.


Après l'horreur humaine de la Shoah et son incompréhensible, indicible réalité, comment survivre? Comment vivre le quotidien humain comme si de rien était, comme si rien n'avait été?

Adam Stein a choisi la folie, la vie n'est qu'un grand théâtre ou il faut prendre le parti de rire. Alors Adam s'amuse comme un petit fou, il connait tout son petit monde, l'Institut est sa maison, personnel médical ou internés, il manipule à son gré et souffle un vent de folie intense sur chacun.

Et puis il y a cette relation spéciale qui s'établit entre Adam et David. David est un enfant interné qui se prend pour un chien. Adam le ramènera peu à peu à l'humanité. La guérison de David signera sa guérison, mais on n'est jamais sur de rien.

Ce livre est un livre difficile, mal aisé à comprendre car il donne autre chose à entendre que le discours normé sur la Shoah. Il parle de l'indicible, ce qui ne se peut sans la folie.


En exergue de son livre, Yoram Kaniuk a inséré les deux citations suivantes :

 

« Elazar, fils de Ya-ir, dit : 'Dieu a dû se prononcer irrévocablement contre le peuple juif qu'Il aimait tant. Car s'Il avait continué de lui manifester Son amitié, si Son ressentiment avait été seulement passager, Il n'aurait pas été absent – si étrangement absent – lors de la Grande Destruction.' « 

Flavius Josèphe, La guerre des juifs.


« L 'homme est un dieu déchu »

Emerson.



Extraits


«Il n'y a qu'une issue. Qu'une seule façon de se sauver. C'est de rire. C'est pour ça que je suis devenu clown. Si je n'avais pas été capable de rire là-bas, chez le commandant Klein, je n'aurais pas pu le supporter, j'en serais mort ; c'est également vrai pour tout le monde, pour vous tous. Les hommes, les femmes, lui et elle, toi et toi, et même Klein. Quand il a cessé de rire Klein est devenu Weiss. Et le condom que je lui apportais était tout juste bon à le faire pleurer. Il faut savoir rire. Il n'y a rien d'autre à faire. Vous devez vous dire que vous êtes une bouilloire bleue, et vous conduire comme une bouilloire bleue, bouillir et siffler comme une stupide bouilloire bleue. Et rire. Et vous cacher le visage, le couvrir d'un masque, crier et vous enfouir dans la glaise, vous pincer les fesses, essayer de vous conduire comme un chien, vendre des actions sur le lune et rire. Sans arrêt, toujours. C'est ça l'objectif à atteindre.

-Tais-toi, Adam. »


« -Tu ne ris pas, Adam ! Je reconnais le rythme, tu pleures. Tu as pleuré comme ça quand le poisson rouge est mort, le jour où nous sommes revenus du cimetière, tous les deux, toi et moi, comme deux orphelins que nous étions.

-Je pleure ? Moi ?

-Toi.

-Pourquoi ?

-Parce que le chien n'en est pas un.

-C'est un chien.' Adam élève la voix, tout à coup inquiet. 'C'est un chien.'

-Regarde-le, Adam, regarde-le, observe-le, vois par toi-même, parce qu'un jour tu as été intelligent, avant de te retirer, avant de mal tourner.

-Je regarde. Ce que je vois dépend de moi ; tout s'est estompé ; la guitare est un train, et le train c'est toi, Heidelberg, c'est l'éternité. Jérusalem est un cimetière. Ruthie est un clown et le chien est un enfant.

-Tu regardes, mais tu as peur de voir.

-Je regarde. De toutes mes forces. Tu n'as pas le droit. Tu es moi. Je suis toi. Nous sommes tous les deux, l'un et l'autre. Toi. Moi. Regarde, il écrit. Une lettre. Une chanson. A Dieu. Je vois que Dieu rentre chez lui.

-C'est un chien. Un chien n'écrit pas. Un chien aboie, ouah, ouah, ouah. Un chien c'est l'homme d'Ilse Kosh. Un chien, c'est Rex. Un chien, c'est moi quand je ne faisais pas attention.

-Il y a des chiens qui écrivent. Il y a des chiens qui font rire les gens.

-Comme toi ?

-Comme moi. Autrement dit, comme toi !

-Comme toi ?

-Comme moi !

-Tu n'es pas un chien.

-Si, je suis un chien, crie Adam. C'est ce que tu n'as jamais compris. Herbert, mon frère, mon très cher frère, malgré toutes tes études et ta culture, tes doctorats et ton intelligence, malgré Spinoza, Fichte et ton Introduction à la théorie éthique, malgré Hobbes et sa théorie du chien cannibale et de l'homme-loup, malgré Rousseau et Leïbniz, malgré ton Hegel, ton Kant à Königsberg et la nouvelle cité polonaise qui durera mille ans, malgré Platon et Anaximène, Anaxagore et tous ces Grecs, malgré eux tous, tous sans exception, tous les Nietzsche, leur maître et meneur Schopenhauer, et son chien, malgré eux tous, tu n'as jamais compris que tu étais – c'est à dire que j'étais .... un chien.

-L'enfant est un chien.

-Et moi ?

-Pas toi. Tu es un escroc qui n'a pas réussi. Tu as échoué Adam.'

Herbert éclate de rire et disparaît derrière les montants de la fenêtre. »

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 20:35
 Travelling le festival de cinéma de Rennes Métropole développe un nouveau projet sur l’adaptation cinématographique; “Le scénario d’une nouvelle” et un atelier autour de l’écriture et de l’image. Une nouvelle inédite est choisie par un écrivain invité de Travelling.


Et pour l'édition de février 2009 de ce festival, c'est une nouvelle d'Edgar Keret, l'une des pointures de la nouvelle littérature israélienne et également réalisateur, qui est choisie. Il a accepté de mettre en jeu une de ses nouvelles dont la meilleure adaptation sera primée pendant Travelling.

Il sera présent du 6 au 8 février à Rennes.

Le concours est ouvert à toute personne de plus de dix-huit ans ayant une expérience cinématographique ou vidéo (écriture ou réalisation d'un long ou court-métrage, fiction, documentaire, animation, ou vidéo art) ou en formation dans le domaine de l'image. Vous avez jusqu’au 22 décembre pour envoyer votre adaptation.

Découvrez la nouvelle choisie 'Petit déjeuner santé'
 www.clairobscur.info/telechargements/texte_Et_Keret.pdf


Le règlement du concours se trouve sur le site
 www.clairobscur.info/telechargements/trav_reglement.pdf

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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 18:13

Le festival du livre et du film "Etonnants voyageur" dirigé par Michel Le Bris accostera cette année en Israël dans le port de Haïfa.
Du 16 au 19 octobre, une série de rencontres, de coloques entre des écrivains de tout horizons, français , israéliens et autres.

La liste des participants compte pour les écrivains français Pierre Assouline, Michel Le Bris, Alain Mabanckou, Patrick Poivre d'Arvor, Claude Vigée, Jean Rouaud (entre autres) et pour les écrivains israéliens
Eli Amir, Aharon Appelfeld, Gabriela Avigur Rotem, Amir Gutfreund, Shifra Horn, Yoram Kaniuk, Zeruya Shalev, AB Yehoshua, entre autres.

 

 

Etonnants voyageurs !
Quelles nobles histoires nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrits de vos riches mémoires,
Faites pour egayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.
Dites, qu’avez-vous vu ?

Charles Baudelaire







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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 17:47
Les évrivains israéliens ne peuvent rester muets face à la réalité israélienne, ils interpellent les politiques, que ce soit pour la paix ou pour sauver un soldat otage du Hamas.

Récement un groupe d'écrivains et de personnalités culturelles israéliennes ont écrit au premier ministre sortant Ehoud Olmert pour le presser de "sauver Gilad Shalit avant qu'il ne soit trop tard".

Gilad Shalit est ce jeune soldat franco-israélien, appartenant aux forces de défense israéliennes, enlevé par le hamas depuis juin 2006 et détenu dans la bande de Gaza. En échange de sa libération , il est demandé la libération de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens (dont certains sont les auteurs d'attentats gravement meurtriers).

Dans une lettre, écrite entre autres par A.B. Yehoshua, David Grossman, Amos Oz, et Agi Mishol, , les auteurs écrivent qu'ils sont conscients du fait que garantir la libération de Shalit est une décision très difficile à mettre en oeuvre, et comprennent  quels effets pourraient avoir la libération de prisonniers palestiniens impliqués dans le terrorisme en échange de sa liberté. Toutefois, disent-ils, «l'engagement d'Israël  pour ses soldats, et sa volonté de faire de grands sacrifices pour eux est une valeur qui a beaucoup plus de prix. Cette obligation morale est aussi un privilège."

Les auteurs concluent leur lettre avec des mots écrits par Shalit lui-même :  "Ne m'abandonnez pas, n'abandonnez pas un soldat parti en mission pour tous et  perdu au loin dans la prison de ses ravisseurs".
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 17:41


Jean Marie Gustave LE CLEZIO est le prix Nobel 2008 de littérature.

J'aurais préféré, de loin, Amos OZ mais..........est-ce encore trop politique ou politiquement incorrect de choisir un écrivain israélien ?
Dommage

mais Félicitations à JMG Le Clézio
on ne pouvait pas faire plus neutre.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 18:33

Une poésie d'Aharon Amir, pour vous donner une idée, certes petite, de son travail.

 

A la fin des fins


A la fin des fins
il faudra bien reprendre tout à la genèse
et quand se sera dissipé la fumée-champignon
quand la terre sera nettoyée de la pourriture radio-active
pour un temps, un temps-et-demi,
tout reprendra à la génèse -
peut-être dans l'île de Tasmanie
ou au congo ou sur les cimes de l'Ararat
et qui sait, peut-être chez nous, entre le Pichone et le Guihone
verra-t-on retracer la ligne entre ciel et terre
entre les eaux supérieures et les eaux inférieures -
Mais cette fois, je ne viendrai pas le sixième jour
car je contemplerai tout cette fois du commencement
et cette fois, le créateur sera formé à mon image
moi je lui dirais ce qu'il doit faire
moi je lui fixerai l'ordre des créations
et de mes propres mains, moi je prendrai Eve
Eve la nouvelle
de mes côtes -
et nous n'attendrons pas pour nous couvrir de feuilles de figuier
de la tête aux pieds
et sans aucun picnic au paradis
sans jouer avec Dieu et le serpent
nous nous mettrons au pénible labeur
et cette fois, peut-être, ça ira.

Aharon AMIR, traduit par Nicolas M. LAZAR, Poètes israéliens d'aujourd'hui (choix de poèmes), Albin Michel, Collection Présence du Judaïsme, 1960

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 18:28

AMIR Aharon

Né le 5 janvier 1923 à Kaunas en Lituanie, décédé le 28 février 2008 à Tzrifin Israël.

Aharon Amir était écrivain , poète et traducteur.

 

En 1933, il s'installe avec sa famille dans le pré état d'Israël et grandit alors à Tel Aviv. Son père Meir Lepic, fut plus tard directeur de la maison d'édition « Am Oved ».

Pendant le mandat britannique, alors qu'il étudie l'arabe et la littérature à l'université hébraïque de Jérusalem, il intègre les mouvements comme l'Irgoun et devient l'un des membres fondateurs du mouvement Canaanite, qui voit l'hébreu ou la culture israélienne plus comme un produit géographique que comme le produit d'une religion.

 

Outre son travail d'écrivain qui l'amena à publier dès 1949 près d'une quinzaine d'ouvrages, poésie et roman. Il se consacra à la traduction en hébreu de grands auteurs tel que Melville, Charles Dickens, Camus, Lewis Caroll, Joseph Conrad, Virginia Woolf, Edgar Allan Poe, Ernest hemingway, Steinbeck, Emily Bronte et O.Henry. Mais aussi des traductions de travaux politiques de Churchill et De Gaulle. Il a ainsi à son actif plus de 300 ouvrages traduits.

 

Il avait fondé un magazine littéraire Keshet qui a été publié pendant dix-huit ans jusqu'en 1976. Ce magazine a été recréé en 1998 sous le titre New Keshet.

 

Aharon Amir s'est vu décerné le prix Tchernichovsky en 1951 pour ses traductions et le prix Israël en 2003. Il était également connu en Israël grâce à une chanson populaire de Meir Ariel citant l'une de ses traductions d'Hemigway 'Islands in the stream'.

 

Il était marié à Bettine, poète et peintre. Il avait trois enfants d'un premier mariage.

Décédé d'un cancer en février 2008, à l'age de 85 ans, il a légué son corps à la science.

Bibliographie

Les soldats du matin, « Ewe-lo' vihvelam-mavet memsalahe », roman traduit de l'hébreu par E. Emilie Zherbruck et A. Antoinette Dilasser, Édition du Seuil, 1961

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 22:37

A en croire le site britannique, Ladbrokes, de jeu et paris sur Internet et repris par Guysen, Agence de presse francophone d'Israël, l’écrivain israélien Amos Oz serait favori pour recevoir le Prix Nobel de littérature 2008.

Il convient de préciser que ce site ne s’est encore jamais trompé dans ses prévisions
.

Le prix Nobel sera annoncé le 9 octobre prochain par le comité Nobel, le même jour que celui de Kippour/Grand pardon de la religion juive qui tombe cette année le 9 octobre.

On souhaite bonne chance à l'un des meilleurs écrivains israéliens.

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 22:04
Une poésie de Yehuda AMICHAI

Ma vie est le jardinier de mon corps.


Mon cerveau une serre bien fermée
avec des plantes et des fleurs
étranges et étrangères,
sensibles et impatientes.


Le visage un jardin français
dessiné de formes précises et de ronds-points
pavés de marbre et de sculptures,
de lieux de repos,
toucher,
sentir,
regarder
et se perdre dans un labyrinthe vert de sentiers :
ne pas piétiner, ne pas cueillir.


Le corps supérieur au-dessus du nombril
est un parc anglais qui a des airs de liberté
sans angles ni dallage,
semblable à la nature de l'homme,
fait à notre image,
ses mains le rattachent à la grande nuit autour.


Mon corps inférieur, sous le nombril,
est tantôt une réserve naturelle
terrible,
sauvage
et merveilleuse,
préservée mais non conservée,
tantôt un jardin japonais
concentré d'arrière-pensée et d'actes posés,
les testicules et le membre de pierre polie,
une végétation sombre au milieu et des sentiers précis plein de sens et d'apaisement.


Et les commandements de mon père et les ordres de ma mère
sont chants d'oiseaux et chansons.
Et la femme que j'aime
est multiple saisons et temps,
Et les enfants qui jouent
sont mes enfants.

Et cette vie est la mienne.


Yehuda Amichaï, Début fin début, traduit de l'hébreu et présenté par Michel Eckhard-Elial, Editions de l'Eclat, 2001

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