Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 20:16

7 années de bonheur 

Etgar Keret

Traduit de l’anglais par Jacqueline Huet et Jean­Pierre Carasso.

Editions de L’Olivier – Collection Littérature étrangère – 2 mai 2014

Editions Points en Poche – 4 juin 2015

 

Si une roquette peut nous tomber dessus à tout moment, à quoi bon faire la vaisselle ? Et les oiseaux du jeu Angry Birds, lancés à pleine vitesse sur de frêles maisons, ne ressemblent-ils pas à de furieux terroristes ?

Avec une ironie hors du commun, Etgar Keret relate sept années de sa vie à Tel-Aviv : la naissance de son fils, l'histoire de sa soeur ultra-orthodoxe et de ses onze enfants, les chauffeurs de taxi irascibles, ses parents rescapés de l'Holocauste, les tournées littéraires mouvementées, et l'attitude peu banale qu'il convient d'adopter lors d'une alerte à la bombe. Etgar Keret offre dans ces chroniques intimes une étonnante radiographie de ses contemporains, où l'émotion et l'humour se conjuguent à tous les temps de l'insolence.

 

Critique Le Monde :

Après ses nouvelles où se télescopent ironie, sens de l'absurde et poésie, l'écrivain israélien publie, " en contradiction avec tous ses principes ", un recueil de textes autobiographiques drôles et bouleversants...
Comment survivre dans un monde cinglé ? Chacun fait comme il peut, répond Etgar -Keret au fil de ces trente-cinq textes qui font rire franchement ou laissent les yeux rougis - parfois, même, les deux. (Raphaëlle Leyris - Le Monde du 5 juin 2014) 

 

Interview donnée à Libération le 28 mai 2014

Par Nathalie Levisalles

 

Où ce livre a-t-il d’abord été publié ?

En Turquie, en novembre dernier. Pour le moment, il n’est sorti qu’en Turquie, au Mexique et aux Pays-Bas. C’est comme pour les essais nucléaires, on les fait dans des pays qui ne se plaindront pas.

Quand je suis allé à Istanbul présenter ce livre, mon éditrice a parlé avec un jeune homme qui attendait que je lui signe son exemplaire. Il vivait dans un village situé à onze heures de route et s’occupait de son grand-père. Quelques jours plus tôt, il avait dit à son père qu’il voulait aller à Istanbul rencontrer un écrivain qu’il aimait. Son père lui a demandé qui c’était, il lui a dit que c’était un Israélien. «Tu veux laisser ton grand-père pour aller voir un juif ? Je te l’interdis.» Le soir même, pendant qu’il douchait son grand-père, celui-ci a vu qu’il était triste et lui a demandé pourquoi. Quand le jeune homme a raconté ce qui s’était passé, le grand-père lui a dit :pars, maintenant. C’est moi l’aîné, c’est moi qui décide. Si quelqu’un t’émeut et te fait réfléchir, qu’il soit musulman, chrétien ou juif, tu dois aller le saluer.

En fait, ma question était : dans quelle langue ces textes ont-ils d’abord été publiés ?

J’ai écrit le premier jet en hébreu, ils ont été traduits en anglais, j’ai travaillé sur la version anglaise pour le texte final et ils ont d’abord été publiés en anglais. Cela permet de faire une différence avec ma fiction. Bien sûr, les deux types de textes ne sont pas totalement séparés : dans mes nouvelles, il y a un noyau de réalité ; et dans ma «non-fiction», il y a des choses qui relèvent de la licence poétique. Mais mon attitude est très différente : quand j’écris de la fiction, même si ça part de ma vie, je ne sais pas ce qui va sortir. Avec la non-fiction, je me sens obligé de rester près de la réalité.

Je dois dire que je ne suis pas tout à fait à l’aise avec la non-fiction. Pour moi, il y a dans la fiction quelque chose qui libère, qui autorise une sorte de sincérité. Alors qu’écrire sur sa propre vie, je trouve, revient toujours, consciemment ou non, à plaider sa propre cause. Je me suis toujours un peu méfié des gens qui écrivaient sur eux-mêmes. Mais surtout, il m’est plus facile d’inventer une histoire plus sincère, plus honnête et plus profonde que ne le serait une histoire vraie. Pourquoi écrirais-je sur ce qui est arrivé ?

 

La non-fiction, c’est une nouvelle carrière ?

Non, c’est une manière de tourner la page après la mort de mon père. C’est aussi lié à la naissance de mon fils. J’ai grandi dans une famille où l’idée de famille n’allait pas de soi. Ma mère a perdu toute sa famille pendant la guerre. De son père, elle avait reçu une mission : avoir des enfants. J’ai toujours pensé que, pour mes parents, fonder une famille était d’abord un fantasme, un rêve inaccessible, comme les gens qui disent qu’ils veulent devenir milliardaires ou aller sur la Lune. C’est dans ce contexte que j’ai grandi, ça explique beaucoup de choses. Quand mon fils de 8 ans se lève à 5 heures du matin, ma femme lui demande : pourquoi ce n’est pas moi que tu réveilles ? Il répond : quand je te réveille, on dirait que ça t’embête, mais quand je réveille papa, quelle que soit l’heure, il ouvre les yeux et il me sourit. Comme je préfère faire du bien aux gens, je réveille papa. Une autre histoire sur mon fils. Un jour, il devait avoir 4 ans, nous avons pris un taxi en revenant de chez mes parents, ma mère lui avait donné un paquet de tacos. Je lui ai demandé de m’en donner ; d’habitude, il est très généreux, mais il m’a dit non. Quand je lui ai demandé pourquoi, il a répondu : parce que ça ne serait pas juste, quand tu étais enfant et que tes grands-parents te donnaient des tacos, tu ne m’en donnais pas, pourquoi est ce que je t’en donnerais ? Je lui ai dit : Tu sais, Lev, quand j’avais ton âge, je n’avais pas de grands-parents, ils ne me donnaient pas de tacos, parce qu’ils étaient tous morts.

Il a réfléchi un moment, il m’a tendu le paquet et il m’a dit : prends-le papa, tu m’as coupé l’appétit.

 

Vous inventez !

Non, il y a des histoires sur lui que je ne raconte pas parce que je sais qu’on ne me croira pas. C’est un enfant qui est à la fois agité et plein de joie de vivre. D’habitude, les gens qui aiment la vie sont calmes, pas lui. C’est quelque chose que je connais, à nous deux, nous formons un petit groupe de soutien.

 

Il y a quelques années, vous avez fait une interview de Benyamin Nétanyahou.

En juin 2011, le quotidien Haaretz a publié, comme Libération, un numéro où ils demandaient à des écrivains de faire le journal. Ils m’ont proposé d’interviewer Netanyahou qui allait en Italie voir Berlusconi. J’ai dit OK, mais il ne voudra jamais. En 1993, j’avais écrit une comédie musicale où Netanyahou mangeait son frère. Pendant que le frère mourait, il lui disait : ne t’en fais pas, un jour, je serai Premier ministre et j’utiliserai ton souvenir. En 1993, personne ne pensait qu’il deviendrait Premier ministre, c’était juste un truc sur l’exploitation de la mémoire. Mais il a finalement accepté et je suis allé à Rome. Pendant que je préparais mon sac de voyage, ma femme a écrit une note et m’a demandé de la lui donner. Elle avait écrit : «M. Netanyahou, je vous demande de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour amener la paix, pour l’avenir de nos enfants et des vôtres. Merci, Shira.» J’ai éclaté de rire et je lui ai dit : qu’est-ce que tu crois ? Qu’il va dire, ah putain, toute ma vie j’ai essayé de bousiller la paix, mais cette femme m’a écrit une gentille lettre, alors je vais changer. Elle a commencé à pleurer et je me suis senti très mal.

Donc, j’ai pris l’avion et je suis arrivé à Rome. Il y avait une conférence de presse, j’étais au milieu de journalistes politiques très sérieux et très importants. Tous étaient très gentils avec moi. Ils m’ont dit : voilà comment ça marche, tu ne peux pas enregistrer, il faut dire à l’avance quelle question tu vas poser. Et il y a un truc avec Nétanyahou : il ne répond jamais aux questions qu’on lui pose. Les Italiens ont dit que si on finissait assez tôt, ils mettraient à notre disposition une navette pour aller piazza Navona. Toi, tu voyages beaucoup parce que tu es écrivain, mais pas nous. Alors, on te le demande, ne nous bousille pas cette occasion. Ne commence pas à insister avec des trucs à la con. Nétanyahou dira ce qu’il dira, on a été des centaines de fois avec lui, ne prolonge pas la conférence de presse parce que, si c’est trop long, ils ne nous emmèneront pas piazza Navona. J’ai dit OK, ça a commencé, et ma question est arrivée : que faites-vous pour avancer les chances de négociations avec les Palestiniens ? Avez-vous un plan secret ? Il répond : c’est une bonne question, mais ce n’est pas la bonne question. La bonne question, c’est: qu’est-ce que je fais pour protéger Israël d’une attaque nucléaire par l’Iran. Quand il finit, il demande : vous êtes content de ma réponse ? Et je dis : non, vous avez parlé de l’Iran, ce qui est important, mais je veux savoir où en sont les négociations avec les Palestiniens. Il me dit : très bien, voilà une métaphore, il me parle de l’Irlande, de l’IRA… Et il conclut : j’espère que maintenant vous êtes content. Et je dis : non non non, je suis désolé, tous les autres pourront vous reparler, mais moi, c’est la seule occasion de ma vie, et je vais insister, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

A ce stade-là, les autres journalistes étaient fous de rage, ils me fichaient des coups de pied sous la table, mais je me suis dit, je suis comme ma femme, je m’en fiche. Il fait encore une réponse, et je dis : non, ce n’est pas une bonne réponse. A ce moment, le chef de cabinet dit : M. Nétanyahou, je pense que vous devriez passer à la question suivante. Nétanyahou dit : non non, je ne passerai pas à la suite avant qu’il ait dit que ma réponse lui convenait. Ça a continué et, à un moment, il a dit : je ne fais rien, parce qu’il n’y a rien à faire. Vous êtes content de cette réponse ? J’ai dit «content» n’est pas le mot, mais maintenant je comprends, merci. A ce moment-là, les journalistes politiques étaient partis, ils ne sont pas allés piazza Navona et plus personne ne m’a adressé la parole. J’ai écrit mon papier et, le lendemain, Haaretz a titré : «Nétanyahou dit qu’il n’y a pas de solution au conflit israélo-palestinien». Ça a fait scandale jusqu’aux Etats-Unis. Des gens ont dit : voilà ce qui se passe quand on envoie un romancier gauchiste, il utilise son imagination. Je me suis retrouvé dans un débat à la radio avec le chef de cabinet de Nétanyahou qui a dit : c’est un problème quand quelqu’un n’est pas professionnel. Ensuite, ils m’ont donné la parole et je me suis adressé à lui : quand on s’est rencontrés, je me suis dit, on n’a rien en commun politiquement, mais c’est un type bien, ce n’est pas un menteur. Je voudrais vous poser une question. Vous étiez dans la pièce avec nous. Nétanhyahou a dit ça ou il ne l’a pas dit ? Il est resté silencieux un moment et il a répondu : il l’a dit, mais je pense que vous ne l’avez pas compris. Et j’ai dit : alors le pays entier a mal compris.

 

Vous faites toutes sortes de choses, pas seulement des nouvelles ou de la non-fiction.

Après avoir survécu à l’Holocauste, mon père a changé de profession tous les sept ans au cours de sa vie. Il disait : je ne veux pas vivre une vie, je veux en vivre plusieurs. Ça n’a pas toujours été facile, il s’est parfois retrouvé assez pauvre, mais, ce que j’ai compris, c’est que la vie est une sorte de fête foraine, qu’on n’est autorisé à être là que pendant une journée et qu’il faut monter sur autant de manèges et d’attractions que possible. «Vous avez essayé l’Holocauste, essayez maintenant les voyages, les expériences…» Moi, j’écris de la fiction, des livres d’enfants, de la BD, des scénarios de films, des pièces de théâtre, des paroles de chansons. En ce moment, je travaille avec ma femme à un spectacle de danse, avec la compagnie américaine Pilobolus. Il s’agit toujours de raconter des histoires, mais j’aime faire des expériences différentes. Je pourrais me contenter d’écrire de la fiction pendant cinquante ans, et puis de mourir, comme le font la plupart des écrivains. Ce n’est pas une mauvaise vie, mais ce n’est pas celle que je veux.

 

Repost 0
Published by laurence - dans Livres de S-Z
commenter cet article
31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 18:00

JOURS DE MIEL [Hamikvé ha-a'haron bé-Sibir]

Eshkol NEVO

Trad. de l'hébreu par Jean-Luc Allouche

Editions Gallimard Collection Du monde entier 

Parution : 25-02-2016

 

Quand le riche Américain Jeremiah Mendelstrum décide de faire un legs à la Ville des Justes, en Galilée, afin que la municipalité y édifie un bain rituel à la mémoire de son épouse décédée, il ne sait pas encore que ce don va tout changer pour Anton et Katia, nouveaux immigrants russes dans un quartier excentré de la ville. Ni que les vies de la séduisante professeure de clarinette Yona et de Naïm, un jeune Arabe israélien chargé des travaux, seront bouleversées par ce chantier. Ni que leurs chemins croiseront celui de deux anciens kibboutzniks, Ayélet et Moché, venus dans la Ville des Justes après leur retour à la religion mais dévorés par une passion jamais éteinte. 
Tous se cherchent, se fuient, se retrouvent – parfois – pour mieux se perdre. Car les personnages de ce truculent roman sont tous en quête de l’autre moitié de leur âme. Mais il est aussi question d’espionnage militaire, de miracles, d’ornithologie, de musique et de religion, des premiers chagrins d’amour et des érections perdues, de pérégrinations en Inde ou au Costa Rica, puis de ces jours de miel que la vie nous accorde parfois, «quand deux êtres humains se rencontrent au bon moment et se transforment en un lieu, un lieu authentique, chacun pour l’autre».

 

Lire un extrait

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F166189.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=pdf

 

Repost 0
Published by laurence - dans Livres de G-J
commenter cet article
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 13:38

Eshkol Nevo est présent aux Assises Internationales du Roman à Lyon.

Le samedi 28 mai de 17h30 à 19h aux Subsistances
8 bis quai Saint Vincent 
Lyon 1er

Table ronde : Parce que c'était lui, parce que c'était moi : l'amitié

Avec Goran Petrović, Eshkol Nevo et Lyonel Trouillot. Avec le soutien des Services Culturels de l'Ambassade d'Israël en France. Animée par Nicolas Weill

Les mots de Montaigne pour décrire l’amitié qui l’unissait à La Boétie donnent une idée du caractère énigmatique et complexe de ce sentiment. Si complexe que les romanciers, souvent, préfèrent donner le premier rôle à l’amour, comme si les flammes de la passion étaient plus faciles à exploiter littérairement. Les braises de l’amitié, pourtant, sont le substrat de bien des livres, comme de bien des vies, même quand elles semblent ne pas occuper l’avant-scène des uns et des autres.

 

Le dimanche 29 mai de 11h à 12h30 aux Subsistances

8 bis quai Saint Vincent 
Lyon 1er

Dialogue. Avec Delphine de Vigan et Eshkol Nevo. Débat mené par Lionel Tran, co-fondateur des Artisans de la Fiction.
En partenariat avec les Artisans de la Fiction et avec le soutien des Services Culturels de l'Ambassade d'Israël en France. 

Delphine de Vigan et Eshkol Nevo parlent des étapes par lesquelles ils sont passés pour finaliser leur dernier roman. Par où ont-ils commencé ? Comment ont-ils transformé ce matériau en histoire ? Quand ont-ils arrêté leurs choix formels (point de vue, stratégies vis-à-vis du lecteur, nombre de pages) ? Quel a été leur degré de préparation (personnages, trame) entre les premières idées et le début de l’écriture ? Ont-ils fait appel à des regards extérieurs ? Quel a été le travail de réécriture ? Ont-ils adopté cette méthode sur leurs romans précédents? Qu’ont-ils appris, techniquement, au fil de leurs romans ? 

 

> 6 € / Gratuit pour les lycéens, les étudiants, les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires du RSA sur présentation d'un justificatif

Réservations :

> Par téléphone : 04 78 39 10 02 du mardi-vendredi : 13h-18h ; samedi : 14h-19h. (La billetterie sera ouverte lundi 23 mai. Le règlement des places est immédiat à partir du 23 mai - CB par téléphone).
> Ou 
en ligne
24h / 24, 7 jours / 7, dans la limite des places disponibles. Paiement en ligne sécurisé via Paybox.

 

Lien vers le site des AIR

http://www.villagillet.net/portail/air/details/article/le-travail-du-manuscrit/

 

Profitez-en, les AIR sont l'occasion d'écouter des auteurs, mais aussi de pouvoir leur parler après les tables rondes et entretiens, et de faire dédicacer vos livres.

 

Repost 0
Published by laurence - dans ACTUALITES
commenter cet article
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 11:17
La vie en cinquante minutes
Benny Barbash
 
Editions Zulma – Littératures du monde entier
Paru le 17 mars 2016
Traduit de l'hébreu par Rosie Punhas-Delpuech
 

Il suffit parfois d’un cheveu… Un long cheveu blond entortillé autour de la bretelle du maillot de corps de son mari. Pour Zahava, c’est l’électrochoc.
Armée d’une imagination galopante et d’une jalousie débridée, la voilà qui vide les placards, analyse chaque indice, formulant les hypothèses les plus folles sur la vie secrète de son mari : et s’il n'avait pas 
une mais deux maîtresses, l’une turque en burqa, l’autre italienne péroxydée aux orgasmes sonores ? Sans parler de la poule de Rostov
Entre le cabinet d’un célèbre analyste, l’antre du serrurier arménien et les états d’âme du détective privé, Zahava s’embarque dans une enquête aux péripéties rocambolesques, un tourbillon aussi vertigineux qu’extravagant.

 

En libérant le délire interprétatif d’une femme prise au piège de la jalousie, et avec un art magistral du détail et de la digression, Benny Barbash signe un roman tout en finesse, un traité du mariage profond et hilarant.

Rarement aura-t-on à ce point exalté les errements de la jalousie dans une veine aussi réaliste et aussi drôle, parfois crue, délicieusement subtile, toujours réjouissante : un antidote merveilleux à toute espèce de jalousie.

 

Critiques Presse et Libraires

-« Avec un sens de la construction et une ironie bien à lui, Barbash démantèle les codes ancestraux du mariage et nous convie à un périple à la fois enjoué et cuisant à travers des territoires en pleine implosion. »

Yedioth Ahronoth

-« Coup de coeur ! Pour s'évader de la morosité ambiante, rien de tel qu'un petit tour dans le nouveau roman de Benny Barbash La vie en cinquante minutes paru chez Zulma Éditions. Où un simple cheveu blond repéré sur un vêtement de son mari déclenche chez Zahava la crise de jalousie la plus outrancière que vous ayez jamais lu ! Subtil et réjouissant ! » Librairie La Paranthèse, Strasbourg
 La Vie en cinquante minutes est aussi une comédie réjouissante des existences ordinaires. Reposant sur une construction en spirale, où l’amorce de chaque scène renvoie à des épisodes passés qui l’éclairent au terme d’un long suspense ludique, le roman est peuplé de personnages qui se rêvent un destin d’écrivain. »
Ariane Singer, 
Transfuge
-« Quand Zahava découvre un cheveu blond sur le maillot de son mari, une jalousie extrême d'empare d'elle. Elle veut à tout prix en découdre et tenter de démasquer une pseudo-liaison conjugale. Sa tête est en perpetuelle ébullition. Parfois drôle et délirant, l'héroine déborde d'imagination. A lire. » Rose Marie de la FNAC Mulhouse

-« On suit les pensées bouillonnantes et les agissements délirants de cette héroïne en crise, épaté par son énergie déraisonnable à se faire du mal. »

Version Femina 

-« Benny Barbash explore d'abord à fond les soubresauts de la jalousie conjugale, mais on n'est pas chez Proust, ni chez Benjamin Constant non plus. Car ça pétille et ça gaze lorsque la pourtant très raisonnable Zahava s'emballe à propos de tout et de rien: tout lui est bon pour alimenter sa suspicion. Moments drolatiques où les délires de l'imagination de la femme jalouse se fondent dans la réalité-même, sans qu'on ne sache plus trop discerner l'imaginaire du vraisemblable. Et elle non plus... » Librairie Sauramps, Montpellier
-« Un coup de coeur pour le dernier roman truculent de Benny Barbash, 
La Vie en cinquante minutes. Où comment un cheveu blond sur un maillot de corps peut tout... bousculer. Par un maître es-dramaturgie. » Librairie Alinéa, Luxembourg
-« Parfois rocambolesque, parfois cruel, souvent très drôle, et toujours réjouissant, le nouveau roman de Benny Barbash confirme son talent de raconteur touchant, mine de rien, à des questions fortes familiales, sociales et politiques. » Librairie Le Rideau Rouge, Paris

 

 
Repost 0
Published by laurence - dans Livres de S-Z
commenter cet article
16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 20:26

NOUS FAISIONS SEMBLANT D ETRE QUELQU UN D AUTRE

Shani Boianjiu

Editions Robert Laffont 2014

Il s'agit d'un premier roman de Shani Boianjiu, né en 1987, écrit après ses deux ans d'armée. En Israel le service militaire est obligatoire pour les filles, il dure deux ans avec des affectations dans différents services de l'armée.

Au travers de trois jeunes amies d'enfance, ce service militaire est racontée. C'est un sujet rare de la littérature israélienne, presque tabou.

Léa, Yael et Avishag alternent des témoignages de leurs vies, avant, pendant et après un service militaire traumatisant. Toutes trois sont confrontées à des situations de guerre difficiles, tout autant qu'à des situations d'apprentissage avec les autres recrues, femmes et hommes. Elles sont aspirées dans ce no human's land, elles prennent des coups et n'en sortent pas indemnes. Un portrait sans fard de ce que la guerre engendre, des êtres humains à la recherche d'un sens, pertubés, tatonnants, poussés sans ménagement dans la cruauté sans l'avoir choisie, avec comme obligation majeure celle d'être fortes. Impossible de s'effondrer ou de plier.

L'écriture est très originale, singulière, sans fioritures. C'est un roman dur, sans concessions.

A lire.

Extraits :

"Nous avançons jusqu'à la partie sableuse et caillouteuse du champ de tir. Avant de commencer, je dis à Boris de me donner sa main. Ma paume est plus rugueuse que la sienne. Bien que nous soyons de même taille, ma main semble infiniment plus petite dans la sienne. Je saisi son index droit et j'explique :

'La première phalange de ton doigt s'appelle l'indifférente. Elle n'est pas assez sensible pour presser la détente. La phalange de l'extrémité est la sensible. Elle est trop vulnérable pour rester stable lorsque tu presses la détente.'

Mon souffle se condense dans l'air froid. Une petite goutte tombe de mon nez sur nos deux mains. Je lève les yeux et rencontre le sourire étincelant de Boris.

'La phalange du milieu, dis-je en lui pinçant le doigt, s'appelle le marteau. C'est celle-ci que tu utilises pour presser la détente. Elle est parfaite spour ce travail.

-Je n'aurais jamais imaginé qu'une partie de moi pouvait être parfaite.

Ses yeux sourient, comme ceux de Dan autrefois lorsque j'étais très jeune et que nous étions assis près du banc, en haut de la rue de Jérusalem. Sa main bouge dans la mienne. J'ignore si c'est volontaire ou à cause du froid. J'hésite.

-Et bien, maintenant, tu le sais."

"Les semaines précédant mon ordre d'appel, je les avais passées à traîner dans le sillage de ma mère. Tenant à la main la liste de fournitures exigées par l'armée, elle comparait les prix dans les supermarchés situés à des heures de notre village. Sept paires de chaussettes vert olive. Crème solaire. Dentifrice. Stocks de serviettes hygiéniques pour deux mois. Lotion anti-moustiques. Vingt élastiques solides pour relever la bas du pantalon d'uniforme.

Mon énorme sac à dos, celui que chaque lycée offrait aux élèves en fin de terminale, s'ornait d'une bénédiction imprimée sur la toile :"Allez en paix, chers bacheliers. Nous sommes là pour vous et vous aimerons toujours." Le sac à dos était rempli et fin prêt pour le départ du lendemain.

Nous avions pris le bus, ma mère et moi, jusqu'au point de ramassage d’Haïfa, où un autre bus attendait pour conduire les conscrits du nord jusqu'à Tel-Aviv, à la base centrale de sélection et d'orientation. Là, nous recevions notre fourniment militaire et notre assignation pour les années à venir.

.............

Elle avait fondu en larmes. Elle était nerveuse parce que j'étais son dernier enfant. La plus fragile.

Maman a cessé de pleurer juste avant qu'on m'appelle pour monter dans le bus.

'Tout ira bien. Tout le monde fait son service. Tu vas vivre les meilleures années de ta vie.'

Elle chuchotait en tenant mon visage entre ses mains.

'Je ne m'en fais pas. Je reviendrais bientôt passer des vacances à la maison.'

-Oui, oui.'

Elle ne lâchait pas mon visage.

-J'ai besoin de ma tête, Maman."

Repost 0
Published by lachevre - dans Mes critiques
commenter cet article
3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 20:55

Une proie trop facile

Yshaï Sarid

Éditions Actes Sud à paraitre le 4 novembre 2015

 

Appelé à effectuer sa période de réserve dans l’armée, un avocat d’une trentaine d’années se voit confier une curieuse mission : une jeune soldate religieuse pratiquante a déposé une plainte pour viol contre un brillant officier aux états de service irréprochables. L’avocat commence à enquêter, aidé d’un collègue de bureau. Il quitte Tel-Aviv, son bruit et ses gratte-ciels, pour rendre visite aux parents de la soldate, dans une petite ville pauvre du Sud d’Israël. Il se rend ensuite dans l’unité de l’officier, un bunker basé à la frontière du Liban.
À mesure qu’il avance dans son enquête, la réalité se dérobe sous le masque des apparences. Qui est cet officier pur et dur, patriote, militariste, perfectionniste ? Et qui est cette adolescente d’une ville du Sud, qui se veut religieuse et intouchable ? À travers ces deux figures ambiguës, Yishaï Sarid dresse le portrait nuancé et complexe d’un Israël brutal et insaisissable.
Dans ce premier roman, l’auteur du Poète de Gaza manie les fils de l’intrigue avec une extrême habileté. Au moyen d’une écriture dont la simplicité le dispute à l’intelligence, il brouille à dessein les pistes de l’enquête pour ouvrir celles de la réflexion.

Repost 0
Published by lachevre
commenter cet article
3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 20:51

Une mer une terre

Maayan Ben-Hagai

Editions PHEBUS parution le 15 11 2015

 

Anna, la quarantaine bien sonnée, vit avec sa mère Claudia dans l'appartement de son enfance. La fille est aussi effacée et mal à l'aise que la mère est sans scrupule, égoïste et rayonnante. Ancienne reine de beauté issue d'une famille russe chassée par les pogroms, cette dernière a vécue l'opulence familiale au Caire, dans les années 40, avant d'émigrer, ruinée, en Israël où elle se meure. 
Après le décès de Claudia, Anna reste un moment prostrée avant de rassembler à la fois ses souvenirs et ceux de sa mère qu'elle mélange. Elle lutte contre des fantômes après avoir lutté toute sa vie contre sa mère. Entre envie, colère et tendresse, elle finit par s'identifier à sa mère, reproduire ses comportements et adopter son histoire.
Premier roman de Maayan Ben Hagai, Une mer, une terre est un roman de deuil et de souvenirs. Récit d'un enfermement et d'une libération, le texte maîtrise à merveille les détails, les inflexions de la voix et des émotions. Il brosse en creux le portrait d'une femme dont on ne sait plus si elle est la mère ou la fille.

Repost 0
Published by lachevre - dans Livres de S-Z
commenter cet article
1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 16:25

De face sur la photo

Ronit MATALON, Actes Sud 2015

 

Envoyée en longues vacances chez son oncle, patron de pêcheries et self-made-man levantin installé au Cameroun, Esther, adolescente israélienne indocile, découvre la très étrangère vie des Blancs en Afrique. A travers sa relecture de photos de famille, elle déchiffre le passé de ces juifs d'Egypte, cosmopolites et polyglottes, façonnés par le colonialisme du Levant. Sous son regard libre, féroce et amusé, s'anime un monde hétéroclite et décadent, un monde qui a tourné le dos au sionisme et fait le choix d'un néocolonialisme bricolé et bancal. Où l'on découvre une famille qui s'ébat avec aisance dans sa villa avec piscine et fréquente la communauté française locale. Mais aussi la vie parallèle, si loin si proche, des Noirs qui gravitent autour, entre intimité ignorée et distance affirmée. A la fois chronique et coup de semonce, mêlant vitriol et nostalgie, De face sur la photo reconstitue une histoire qui n'a pas fini de redistribuer les rôles de maîtres et d'esclaves. Montage, collage, enquête, chanson faussement douce, c'est une lecture aussi envoûtante qu'insaisissable.

Premier roman de Ronit Matalon publié en 1995, et réédité quinze ans plus tard, il a marqué la littérature israélienne contemporaine de sa modernité et de son audace.

 

"C'est mon oncle, pas vraiment au centre, les épaules rentrées, les hanches grassouillettes, celui qui tourne le dos à l'objectif : le dos principal, enveloppé de blanc, parlant.

Les uatres ne parlent pas : ils sont pris dans la routine du corps qui s'active, une routine qui leur impose un certain mutisme et justifie le fait de nous tourner le dos, de se pencher ou de marcher vite vers les paniers en plastique posés par terre, plein de poissons et de la puanteur des poissons.

Les expressions de ces corps, si elles veulent dire quelque chose, si elles s'adressent à quelqu'un, si elles prennent position pour quelque chose, c'est en l'honneur de mon oncle qui se dresse là-bas, semblable au trépied d'un appareil photographique, comme celui positionné derrière lui"

 

Les premières pages du livre peuvent être lues sur le site d'Actes Sud à l'adresse suivante :

http://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F110524.js&oid=121&c=&m=&l=&r=&f=pdf

 

 
Repost 0
Published by lachevre - dans Livres de D-F
commenter cet article
1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 16:08

Asaf Schurr

Asaf Schurr est né à Jérusalem en 1976. Après des études de philosophie et de théâtre à l'Université hébraïque de Jérusalem, il a été journaliste Romancier, il est aussi traducteur et critique littéraire pour la presse israélienne. Motti, sa chienne de vie est son premier roman traduit en français.

Il a reçu le Bernstein Prize en 2007, le prix du ministère de la culture en 2007, et le prix du premier ministre en 2009 pour Amram (roman non traduit en français)

 

Motti, sa chienne de vie ACTES SUD, 2010

Repost 0
Published by lachevre - dans Auteurs de S-W
commenter cet article
1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 15:58

Entre amis

Amos OZ

Editions Gallimard Du monde entier 2013 Nouvelles

 

Quel joli texte, car, bien qu'éclaté en huit nouvelles, le livre dépeint la vie de huit membres d'un même kibboutz. Et dans chacune des nouvelles les différents personnages resurgissent de manière plus ou moins appuyée pour donner une cohérence à l'ensemble.

Mis à part les israéliens quelqu'un sait-il encore aujourd'hui ce que sont les kibboutzim ?

Le kibboutz est issue de la pensée de Karl Marx, c'est une communauté collectiviste où la propriété privée n'existe pas. Les différents membres sont tous égaux, ils travaillent tous pour le kibboutz et reçoivent de sa part ce dont ils ont besoin (mobilier, vêtements, soins, enseignement, loisirs... ) il n'y a pas de salaire.

Le kibboutz est une structure sociale propre à Israël, le premier kibboutz a été créé en 1910 et il en existe aujourd'hui environ 270.

L'idée n'est pas de faire un cours sur cette forme particulière de vie sociale mais d'expliquer un peu le contexte du livre.

Amos Oz évoque avec tendresse et un peu de nostalgie la vie au kibboutz, les difficultés liées à cette mise en pratique très stricte des valeurs communistes, sa remise en question au travers ses personnages.

Chaque nouvelle est d'une grande sobriété, sans réponse, laissée en suspens. Autant de moment de vie, de témoignages.

Tsvi le jardinier pessimiste, Osnat quittée par son mari, Nahum l'electricien respectueux, Moshé le lycéen, Roni le bon père, Yoav le secrétaire du kibboutz, Yotam qui voudrait partir et Martin l'idéaliste qui meurt.

Au travers de chacun d'eux, Amos Oz nous parle d'humanité et des valeurs portées par les kibboutsnik.

C'est d'une grande poésie, le livre se lit vite et laisse en suspens des moments de vie.

Porté par la nature, environnement privilégié du kibboutz, le livre comporte de très belles descriptions.

 

« Vint l'hiver. Des nuages bas s'amoncelaient au-dessus de la cime des arbres, tandis que les champs et les vergers gorgés de boue condamnaient les ouvriers agricoles et les cueilleurs de fruits à s'employer à l'usine. Des rideaux de pluie grise tombaient sans discontinuer. La nuit, les gouttières débordaient bruyamment et un vent glacé s'infiltrait par les persiennes. Tsvi Provizor veillait invariablement jusqu'à vingt-deux heures trente, pour écouter tous les bulletins à la radio. Dans les intervalles, assis devant sa table monacale éclairée par une lampe flexible, il traduisait en hébreu quelques pages du roman tourmenté d'Iwaszkiewicz. Le dessin représentant deux cyprès et un banc offert par Luna était toujours placé au-dessus du lit. Les arbres semblaient mélancoliques près du banc inoccupé. A vingt-deux heures trente, il enfilait un vêtement et sortait contempler les nuages et les allées vides, luisantes de pluie sous le halo jaune des lampadaires. Entre deux averses, il s'offrait une petite promenade nocturne pour aller voir les plantes de Luna. Les feuilles mortes envahissaient les marches du perron, et il croyait déceler un léger parfum de savon ou de shampoing à travers la porte close. Il arpentait les sentiers déserts un petit moment – des gouttes de pluie dégoulinaient des branches sur sa tête nue – avant de rentrer chez lui écouter dans le noir, les paupières clignotantes, le dernier bulletin de la soirée. »

Repost 0
Published by lachevre - dans Mes critiques
commenter cet article

Présentation

  • : Ecrivains israéliens
  • : Bienvenue sur le site des écrivains israéliens pour les francophones. Ce site a pour but de faire découvrir la littérature israélienne aux francophones et de faire également découvrir une autre facette de la réalité israélienne, autrement qu'à travers du seul conflit israélo-palestinienne. . Vous y découvrirez les écrivains israéliens, leurs livres et mes critiques. Vous n'y découvrirez rien de politique, de polémique, juste mes commentaires et les votres sur cette littérature. Je vous souha
  • Contact

Recherche

Liens