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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 00:41

Un cheval entre dans un bar

David Grossman, Seuil, Le cadre vert, 2015

 

Sur la scène d’un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovalé G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s’en fait le complice pour le martyriser l’instant d’après. Dans le fond de la salle, un homme qu’il a convié à son one man show ? ils se sont connus à l’école ?, le juge Avishaï Lazar, écoute avec répugnance le délire verbal de l’humoriste.

Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Car ce soir-là Dovalé met à nu la déchirure de son existence. La scène devient alors le théâtre de la vraie vie.

Un cheval entre dans un bar est un récit vibrant, porté par un souffle dévastateur qui évolue sur une frontière mouvante entre réalité et inconscient, sentiments violents et actes inaboutis, et où l’humour et la dérision infiltrent les épisodes poignants. David Grossman le magicien se fond dans ses personnages, reproduit leurs propos, du plus cru au plus délicat, exhume les souvenirs refoulés. Tient, en somme, la comptabilité des âmes.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 22:15

NILOUFAR

Ron LESHEM, Editions du Seuil 2011

Un israélien qui parle de la société iranienne avec amitié et empathie. Est-ce qu'en Iran ils le savent ?

Est-ce qu'un jour un iranien écrira sur la société israélienne avec autant d'amour ?

C'est l'histoire de Kami, l'adolescent plein de rêves, qui part de son village pour aller étudier dans la grande ville de Téhéran.

Amir son ami d'enfance, le lâche à la dernière minute et reste au village.

C'est ainsi que Kami s'installe chez sa tante Zaha, ancienne star déchue du cinéma iranien du temps du Shah. Dans l'immeuble de sa tante, il finit par former un petit noyau familial avec Mme Safoureh, Babek l'homosexuel et sa tante.

Puis à l'université il croise Niloufar, fille à papa, belle à tomber, star des courses automobiles, elle veut concourir avec les hommes.

Et face à la fraîcheur et au dynamisme de la jeunesse, c'est le régime impitoyable des mollahs, les interdits, la répression.

Babek disparaît ; Niloufar est condamnée à mort pour avoir porté atteinte aux doctrines du régime. Et voilà Kami qui retrouve Amir et essaie de comprendre. Mais il n'y a rien à comprendre, juste survivre.

Quelques citations :

  • C'est une chance qu'ils ne puissent espionner nos pensées, a lâché Babek, car c'est bien là que se commettent les péchés les plus graves.

  • Les femmes doivent se sentir honorées qu'on prenne à ce point en considération leur infini pouvoir de séduction.

  • Les hommes politiques se tromperont toujours, tandis que les gens ordinaires, eux, mourront toujours.

  • Ne néglige jamais la capacité des gens à te décevoir.

  • Celui qui veille à respecter les lois mineures aura plus de facilités à enfreindre les lois importantes.

Ron Leshem explique que l'idée de ce livre lui ai venu suite à différents tchats qu'il a eu sur internet avec de jeunes iraniens.

Un livre qui se lit avec rapidité, qui nous en apprend beaucoup sur une jeunesse iranienne qui ressemble à celle de tous les pays du mond

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 23:14

Le bruit de nos pas

Ronit MATALON, Stock, 2012

 

« Nous étions trois dans la baraque : mon grand frère, ma grande soeur et moi, el bint , l'enfant, la fille, éternelle troisième personne du singulier. » 

Une famille, une maison au milieu du désert israélien.

La mère : une femme d'origine égyptienne qui parle un mélange d'arabe et de français et veut tenir sa « baraque » coûte que coûte. « L'enfant », qui n'a pas de prénom. Elle est cet être qui erre dans la baraque, dont la mère n'a peut-être jamais désiré l'existence. La Nonna la grand-mère l'aime et la couve comme sa propre fille. Presque trop. Surtout quand la mère part à l'aube pour aller faire le ménage dans de grandes maisons bourgeoises et ne revient que tard le soir.

Il y a la soeur, Corinne, grande coquette qui se marie trop tôt et passe son temps perchée sur des talons aiguilles à ébaucher des projets farfelus.

Le frère, Sammy, menuisier, qui déteste les beaux vêtements et aime boire des litres de coca.

Et le père, Maurice, l'éternel absent, le révolutionnaire idéaliste, qui va et vient dans la famille comme une ombre.
Et « l'enfant » qui voit tout, se souvient et reconstruit pour nous le puzzle familial.

Ronit Matalon nous offre avec Le bruit de nos pas un texte d'une sensibilité et d'une poésie inouïes sur une famille immigrée, démantelée. En décortiquant la structure familiale et la place centrale qu'y occupe la mère, elle interroge la fragilité du vivre ensemble, malgré l'amour et les liens du sang.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 23:08

RONIT MATALON

Ronit Matalon est née en 1959 en Israël dans une famille d’origine égyptienne. Elle a travaillé comme journaliste pour la télévision et le journal Haaretz dont elle a été la correspondante à Gaza et en Cisjordanie pendant la première Intifada, puis critique littéraire. Elle enseigne la littérature comparée et hébraïque à l’université de Haïfa, l’écriture de scénarios à la prestigieuse école de cinéma Sam Spiegel, et elle est membre du Forum pour la culture méditerranéenne à l’Institut Van Leer

Traduite en 6 langues, elle a reçu le prix du premier ministre en 1994, le prix Bernstein en 2009, le prix Newman en 2010, le prix Alberto Beneviste en 2013.

En 2010 elle a été fait Docteur honoraire de l'université hébraïque de Jérusalem.

 

Bibliographie

Le bruit de nos pas, Stock, 2012

De face sur la photo, Actes Sud 2015

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 13:15

Zeruya Shalev Editions Gallimard collection Du monde entier 2014

 

Ce livre a reçu le prix Femina étranger 2014.

Vous dire que c'est un bon livre serait donc superflu.

Je vais juste retranscrire les émotions qu'il m'a causé, et vous dire que j'adhère totalement au prix reçu.

 

Le livre retrace trois générations de femmes d'une même famille.

La mère gît sur un lit d’hôpital, en fin de vie, et se remémore son enfance.

Sa fille s'interroge sur son rôle de mère.

Sa petite fille s'interroge sur l'amour de sa mère.

 

En parallèle, il y a les hommes, l'arrière grand père, dur, le fils en rupture, le gendre, en opposition.

 

C'est un roman d'un optimisme rare mais d'un optimisme fragile, juste en équilibre sur les choix des personnages.

Zeruya Shalev n'est pas manichéenne, elle montre qu'un souffle, une lumière pourrait bouleverser ce qui s'instaure.

De ces vies dont elle parle, on se reconnaît avec nos doutes et nos errances.

Magistral aussi, cette femme en agonie, qui évoque son passé, ses frayeurs d'enfant auprès d'un père strict et froid. Le raccourci entre l'enfance et la mort prochaine du personnage est terrible.

Il pointe du doigt la brièveté de nos vies, l'importance de faire sens dans ce temps réduit.

C'est la fille qui incarne cette démarche, et malgré l'opposition de son mari et de sa propre fille, elle révèle la profondeur de ce que peut être une vie.

Quelque fois un peu long, ce roman n'est pas triste, il est juste et précieux.

Le final est d'une beauté et d'une grâce lumineuse.

 

Extraits :

« Qu'est ce que tu me racontes là, marmonna Hemda, l'image est totalement limpide dans son cerveau, ne pas la laisser s'effacer avant d'y mettre des mots, l'occasion peut-être ne reviendra pas, allez, un pied devant l'autre, non, ne tombe pas maintenant, alors elle articule péniblement.... »

 

« Mendier un peu de chaleur et de tendresse, voilà à quoi elle en serait réduite, glaner quelques morceaux de bois aux coins des rues, ne plus jamais être illuminée par une grande flamme ardente, à peine des étincelles par-ci par-là éclaireraient-elles son obscurité un bref instant, voilà à quoi elle devrait se résoudre et peut-être y trouver son salut, elle tourne la tête vers les fenêtres coulissantes de la véranda où se profile un ciel jaune, que ne donnerait-elle pour un signe, pour qu'une voix céleste vienne lui indiquer le chemin... »

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 13:06

Liad Shoham- Editions Les escales noires 2013, Editions 10/18 2014

J'ai rencontré Liad Shoham aux Quais du polar à Lyon en 2014.

Pour un avocat qui se pique d'écriture, traduit déjà dans plusieurs langues, dénommé le John Grisham israélien, il était d'une modestie et d'une accessibilité rare.

Et pourquoi ne pas lire un bon polar israélien ?

Terminus Tel Aviv saura vous tenir en haleine jusqu'à ces dernières pages tout en vous faisant découvrir une facette du pays, pas si éloignée de situations connues en France.

Tout commence par un assassinat, oui, mais tout commence aussi par l'ambition d'une jeune policière d'accomplir son devoir en conscience.

Mais tout va trop vite, avant même d'avoir boucler son analyse, un suspect idéal se présente.

Un immigré illégal, ne parlant pas la langue, reconnu par le voisin, qui dit mieux ?

Au delà de la simple enquête policière, Liad Shoham réussi le tour de force de nous plonger dans les réseaux de migrants clandestins, les mafias associées, l'exploitation de la précarité et de la faiblesse, l’ambition démesurée et amorale de certains, bref un beau kaléidoscope humain dont la véracité est palpable.

On découvre un monde, celui de l'immigration, et l'on se dit que la société française ne doit pas être si différente de la société israélienne sur bien des points.

Je gage que lorsque vous aurez lu ce livre :

1- vous n'entendrez plus le mot « érythréen » de la même façon

2- vous commanderez le futur livre de Liad Shoham.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:03

ORANGES AMERES

Liad SHOHAM, Les escales noires, octobre 2015

Israël, Petah Tikva, une ville sans histoire. L’officier de police Anat Nachmias s’ennuie. Elle ne s’occupe que de délits mineurs, seuls crimes dans cette ville où les habitants ferment les yeux sur les pratiques frauduleuses du maire. Celui-ci, en fonction depuis vingt-cinq ans, a fait construire écoles, installations sportives, bâtiments publics et espaces verts pour transformer sa petite bourgade agricole en véritable métropole.

La monotonie du quotidien est rompue quand une femme vient signaler la disparition de son mari, un journaliste d’investigation local. Anat se lance à corps perdu à sa recherche, sous l’œil amusé de ses supérieurs pour qui le crime n’existe pas dans leur paisible ville. Après tout, les gens ne disparaissent pas à Petah Tikva. Lorsque Ido Dolev, jeune et beau publicitaire, cynique et plein d’esprit, spécialisé dans les campagnes électorales, commence à s’intéresser au cas du journaliste disparu, l’enquête d’Anat prend un nouveau tour. L’inspectrice et Ido n’ont pas le même but, mais comprennent rapidement qu’ils vont devoir coopérer. Ce qu’ils vont découvrir va remettre en question tout ce qu’ils avaient toujours cru savoir sur Petah Tikva…

À propos de Terminus Tel-Aviv : « Tout en jouant avec une belle maîtrise sur le suspense et un rythme haletant, Liad Shoham dresse surtout un tableau plein de nuances d’une société israélienne pétrie de contradictions.» Le Monde

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 09:42

Liad SHOHAM

Liad Shoham est né en 1971 à Givatayim, sa mère était principale d'un lycée et son père travaillait au ministère de la Défense.

Dans son enfance, il a passé quelques années à Paris.

Il a étudié le droit à Jérusalem et à Londres. Aujourd'hui avocat en Israël, inscrit au barreau depuis 1997, spécialisé dans le droit commercial et administratif, Liad Shoham est aussi l'auteur de thrillers le plus célèbre de son pays, reconnu sur la scène littéraire internationale.

Il a débuté sa carrière d'auteur par des écrits autobiographiques, tous rejetés par les éditeurs israéliens. Les éditions Kinneret sont les seules à prendre en compte son travail et c'est Dov Alfon, son éditeur , qui lui conseille d'écrire des thrillers. La carrière de Liad Shoham est lancée, il a publié depuis 7 romans policiers dont 2 déjà paru en France et un troisième à venir en octobre.

Il a également publié 2 romans pour enfants.

Liad Shoham vit actuellement à Tel-Aviv, avec sa femme et leurs deux enfants.

Quelques mots de Liad shoham sur son procédé d'écriture :

« Vous devez être crédible, il faut tracer une intrigue qui est "réel" et que les lecteurs peuvent croire plausible. Une façon de traiter est en faisant une recherche approfondie. Non seulement une bonne recherche enrichie grandement l'histoire, elle donne au livre un niveau de crédibilité élevé. Quant à moi, je ne commence pas à écrire avant de faire la recherche. Dans le cadre de la rédaction de mes livres, je rencontre des policiers, des assistants de juges, des juges, des journalistes et des scientifiques. Je tente de savoir comment les choses se passent "vraiment" ...

Je pense que comme écrivain de polar, il faut être crédible et pour être crédible, il faut imiter la réalité. Cependant, la réalité que je tente de rapprocher n'est pas nécessairement le "vrai", mais plutôt la perception commune de la réalité ". Shoham, Liad. (interview du17 September 2013). “The importance of being earnest – realism in crime fiction”

Shoham se dit influencé notamment par les écrivains Georges Simenon et John Grisham:

"sur Maigret : j'aime beaucoup le réalisme, les personnages intéressants et le fait que la solution du mystère soit dérivée de la compréhension de la nature humaine, je suis en train de mettre en œuvre ce principe aussi dans mes livres.

Je suis très influencé par John Grisham dans la manière de présenter la société et ses problèmes «

Bibliographie :

London in a Pita, 2001

Life on Diagonal, 2002

Extra Small, 2003

God's Gang, 2005

A week in the Life, 2007 (premier roman policier)

Unlisted Number, 2008

The Fruit of the Poisonous Tree, 2009

Retrial, 2010

Line Up, 2011 (publié en France sous le titre Tel Aviv Suspects aux éditions Les escales noires)

Asylum City, 2012 (publié en France sous le titre Terminus Tel-Aviv aux éditions Les escales noires)

Blood Oranges, 2014 (à paraître en France en octobre 2015 sous le titre Oranges amères aux éditions Les escales noires)

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 19:45

Summer is dying

Summer is dying in the purple and gold and russet
of the falling leaves of the wood,
and the sunset clouds are dying
in their own blood.

In the emptying public gardens
the last strollers break their walk
to lift their eyes and follow
the flight of the last stork.

The heart is orphaned. Soon
the cold rains will be drumming.
'Have you patched your coat for winter!
Stocked potatoes against its coming?'

Hayyim Nahman Bialik

L'été se meurt
      
L'été se meurt dans la pourpre et l'or et le roux
de la chute des feuilles du bois,
et les nuages du soleil couchant se meurent 
dans leur propre sang.

Dans les jardins publics vidés
les derniers promeneurs cessent leur marche
pour lever les yeux et suivre
le vol de la dernière cigogne.

Le cœur est orphelin. Bientôt
les pluies froides seront tambours.
«Avez-vous rapiécé votre manteau pour l'hiver!
Stockés des pommes de terre contre sa venue? ».

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 19:33

Wildpeace

Not the peace of a cease-fire
not even the vision of the wolf and the lamb,
but rather
as in the heart when the excitement is over
and you can talk only about a great weariness.
I know that I know how to kill, that makes me an adult.
And my son plays with a toy gun that knowsWildpeace
how to open and close its eyes and say Mama.
A peace
without the big noise of beating swords into ploughshares,
without words, without
the thud of the heavy rubber stamp: let it be
light, floating, like lazy white foam.
A little rest for the wounds - who speaks of healing?
(And the howl of the orphans is passed from one generation
to the next, as in a relay race:
the baton never falls.)

Let it come
like wildflowers,
suddenly, because the field
must have it: wildpeace.


Translated by Chana Bloch 

 

Paix sauvage

 

 

Non pas la paix d'un cessez-le-feu
pas même la vision du loup et de l'agneau,
mais plutôt
comme dans le cœur lorsque l'émotion n'est plus
et que vous ne pouvez parler que d'une grande lassitude.
Je sais que je sais comment tuer, qui fait de moi un adulte.
Et mon fils joue avec une arme-jouet qui sait
comment ouvrir et fermer les yeux et dire maman.
Une paix
sans le grand bruit des coups d'épées contre les lames des charrues,
sans mots, sans
le bruit sourd du lourd coup de tampon: que ce soit
la lumière, flottant, comme une paresseuse mousse blanche.
Un peu de repos pour les blessures - qui parle de guérison?
(Et les hurlements de ces orphelins sont transmis d'une génération
à l'autre, comme dans une course de relais:
le bâton ne retombe jamais.)

Laissez-la venir
comme les fleurs sauvages,
soudainement, car le champ
doit l'avoir: la paix sauvage.

 

Yehuda Hamichai

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