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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 20:13

Un feu amical, publié aux éditions Calmann Levy en février 2008 est le dernier roman de  l'écrivain A.B.Yehoshua.

Une critique fouillée de ce livre vient de paraitre dans le quotidien israélien  Haaretz sous la plume de  Gerald Sorin, professeur émérite d'études juifs à l'Université d'État de New York, New Paltz, et auteur de nombreux ouvrages d'études.

C'est la traduction de cette critique que je vous livre ici et qui vous permettra de mieux appréhender la littérature de cet auteur phare d'Israël qu'est A.B.Yehoshua (prononcer Aleph Beth Yehoshua)

 

Dans un drame franc centré sur une importante signification sociale, AB Yehoshua va et vient entre Israël et la Tanzanie, explorant le pouvoir de la douleur personnelle et de l'amertume.
 
Il est évident, même pour un public limité à l'anglais, qu'il y a eu une explosion de créativité dans la fiction israélienne au cours du dernier quart de siècle. Les lecteurs de romans et des nouvelles traduites de l'hébreu sont confrontés environ une fois par mois (ou semble-t-il) à un nouvel écrivain, ou à un autre plus ancien qui a mis au point une nouvelle voie. Influencé par l'augmentation de la mobilité et l'accroissement des clivages politiques, sociaux, ethniques et religieux dans les six décennies depuis l'indépendance, la fiction israélienne, au moins depuis les années 1990, ne reflète plus une réalité homogène sociale, pionnière, laïque et masculine.

Ce "pluralisme" se retrouve, cependant, non seulement dans les travaux d’écrivains relativement jeunes comme David Grossman, Orly Castel-Bloom, Etgar Keret ou Zeruya Shalev, mais aussi dans la fiction toujours en évolution des écrivains comme AB Yehoshua.
 
Dans "Un divorce tardif" (1984 en anglais), "Cinq saisons" (1989), "La mariée libérée" (2004), et "A Woman in Jerusalem» (2007), entre autres, Yehoshua s’est éloigné des récits nationaux les plus chers à Israël, la mythologie du sionisme collectiviste et l'esprit patriotique, et est revenu aux relations familiales et personnelles.

Même dans "M. Mani" (1992), un ensemble de contes étrange et radicalement construit, où la politique et l’histoire sont mis en avant et centralisé, géré par Yehoshua, par le biais de cinq conversations unilatérales , qui commencent dans les années 1980 et reviennent en arrière dans le temps au 18e siècle, afin de démontrer le caractère haché de l'histoire juive et les luttes et douleurs de la construction de son identité dans un monde hostile. Et il nous pointe la direction personnelle et psychologique en réfléchissant sur la manière dont l'internalisation de certains des mishegas (folies) de l'histoire juive affecte l’histoire, et comment, par voie de conséquence, tout cela est reporté sur l’Israël contemporain.

Aucun des livres de Yehoshua, autant soit-il personnel, n’est sans importance politique, historique et religieuse. "Un feu amical" ne fait pas exception. A l’aide de chapitres qui vont et viennent, au cours d'une semaine, entre Israël et la Tanzanie, Yehoshua explore le pouvoir personnel du chagrin et de l'amertume, dans un drame franc émaillé d’une plus grande signification sociale.

Amotz Ya'ari, ingénieur d'études de 60 ans, ayant une inclination à contrôler (et "de temps en temps à opprimer") son amour, est séparé pour les sept premiers jours de Hanoucca de sa, un peu "rêveuse et dispersée", femme, Daniela. Elle s’est envolée seule pour l’Afrique de l'Est pour rendre visite à son beau-frère Yirmiyahu, et pleurer, ou plus précisément, faire face à la mort (apparemment de «chagrin») de sa soeur Shuli.

 
Il apparaît vite que c’est la mort d'un autre - celle de Eyal, le fils de Shuli et Yirmi - qui préoccupe la famille et est au cœur du roman. Un soldat israélien tué, alors que ses parents vivaient et travaillaient en Afrique, par "des tirs amis", six ou sept ans avant le début de l'histoire de Yehoshua, Eyal nous est connu surtout par le biais d'un acte de moralité extraordinaire  qu'il réalisa pendant son service – ce qui conduisit à sa mort accidentelle de la part de ses compagnons d'armes. En retournant en Tanzanie avec Yirmi après les funérailles et plusieurs semaines de deuil, Shuli avait espéré que l’âme de l'Afrique atténuerait sa douleur de la perte de son fils-soldat, mais quel que soit l'apaisement apporté, cela ne fut pas suffisant, apparemment, pour lui donner beaucoup de volonté de vivre. D'un autre coté, Yirmi, une fois dans le corps diplomatique au Kenya, et travaillant sur des fouilles avec une équipe d'archéologues tanzaniens, "à la recherche du premier singe qui n'aurait jamais prévu que les Juifs, aussi, viendraient pour ses fesses," est retourné en Afrique, et est resté, dit-il, parce qu'il est déterminé à se couper de «ce grand ragoût désordonné - mon peuple, les Juifs en général, les Israéliens en particulier."

En effet, après avoir reçue sa belle-soeur en visite avec des lots de journaux en hébreu, qu’elle a trimbalé de l'aéroport Ben Gourion, et une boîte de bougies de Hanoukka pour la menorah (chandelier), Yirmi expédie presque immédiatement l'ensemble à la chaudière. Plus tard dans le roman, il est sur le point de faire de même avec la Bible. «Pourquoi ne pas la bruler?" Pourquoi la "source de tous les maux" devrait être plus exemptée que les journaux? "Ce livre est l'endroit où toutes les confusions et les malédictions commencent. Il doit précisément être détruit."

Yirmi est encore plus bouleversé avec le livre qui porte son propre nom - Jérémie. Le vieux prophète, estime Yirmi (et le démontre en citant chapitres et versets), prédisait une morosité persistante et envahissante et des catastrophes pour les anciens Hébreux, et le faisait avec une sorte de jubilation arrogante et un plaisir espiègle.

Daniela est étonnée de la profondeur de la colère de Yirmi et de son évident et obsessionnel, certes, besoin de découvrir, alors qu'il était encore en Israël, tous les détails entourant la mort de son fils. Les mots "des tirs amis" tout d’abord évoqués devant lui par son beau-frère Amotz, et entendus comme un baume, continuent de piquer comme une flèche empoisonnée le coeur de Yirmi, même après qu'il a abandonné sa recherche de la «pleine vérité ».

Retour à Tel-Aviv, aux soucis d’Amotz (excessifs, et encore avec raison) au sujet de sa pratique mais non moins femme en Afrique (qui à son départ parla presque avec offense de son désir d'un amour moins contrôlé et mais fait de plus de "réels désirs"), et qui est confronté à un certain nombre de problèmes quotidiens. Son fils Moran se retrouve au trou pour ne pas s’être présenté à sa période de réserve, ce qu'il a fait plus d'une fois avant en toute impunité, sa belle-fille, Efrat (l'épouse de Moran), qui est impudemment convaincu que le monde va toujours rendre hommage à sa beauté, semble faire la lumière sur ses obligations - il y a deux jeunes enfants (apparemment en difficulté) , qui sont souvent confiés à des baby-sitters, y compris, sur l'inspiration du moment, à Amotz, ce qui est l'indice (mais seulement cela) de déloyautés sexuelles de la part d’Efrat.

Et puis il y a les ascenseurs conçus par la société d’Amotz - dont certains, à la détresse de locataires de haut lieu de Tel-Aviv, provoquent des vents rugissant alors que les cabines s’élèvent dans leur puits, et d’autres qui, une beaucoup plus petite affaire, dans un autre bâtiment, conçu par le père d’Amotz pour un ancien amant, dysfonctionne et exige une attention particulière - comme le vieil homme.

Les ascenseurs peuvent-ils être fixes ? Et qui est responsable de leur mauvais fonctionnement ?
Aucun doute que Yehoshua utilisent les ascenseurs pour représenter les problèmes des protagonistes, qui sont tous pris dans leur propre petit monde et mais pas dans des désespoirs si petits. Mais, dans le problème plus large de l'ascenseur, Israël, elle aussi, peut être vu: une merveille de réalisation avec des trous béants (littéralement) - des défauts, une responsabilité à laquelle tout le monde veut échapper. Dans la bataille pour savoir qui du concepteur, du fabricant d'ascenseurs, ou du constructeur des tours est responsable des problèmes, certains peuvent entendre les échos du discours d'Ariel Sharon d’il y a quelques années, réprimandant les Israéliens pour la baisse de qualité de leur société et de leur culture, dans laquelle il y a une tendance à faire des économies, pour prendre la tête ou rester en tête à tous prix, et rejeter le blâme. «Tout le monde dans ce pays a quelqu'un qu’il peut menacer», déclare un des participants au problème de l’ascenseur. "Personne n’a d’immunité".

Une part du génie de Yehoshua réside dans son habilité  à tisser des échantillons plus larges et plus étroits d'une histoire simple en apparence dans une tapisserie presque sans faille remplie de lourds symbolismes, encore enrichie d’activités personnelles et des fils colorés de tension sexuelle.

Une Sensualité palpable

Amotz Ya'ari, dont la libido est toujours très active, et qui, selon Daniela  "en veut toujours", peut être titillé par l’aperçu d'un petit tatouage sur le galbe des seins de sa belle-fille alors qu’ elle se plie à cacher un bambin. Rien ne se passe sauf l'excitation sexuelle de l'imagination (plutôt tiré de la découverte par inadvertance d'une cassette porno au domicile d’Efrat) d’un homme de 60 ans, qui est un homme profondément moral avec "l'amour et la fidélité estampillé dans son âme."

Comme Efrat, Daniela est, elle aussi, très consciente de sa propre attractivité, et lors d’un vol pour l’escale de Nairobi, elle continue de parler en fleurtant avec un vieil Anglais tout en sachant qu'il sera amoureux d’elle dès la fin du vol. Et quand elle arrive en Tanzanie, les rencontres colériques entre Daniela et Yirmi, qui a été privée des étreintes de Shuli après la mort de leur fils, sont souvent recouvertes d’une sensualité palpable, et finissent par des  moment d'intimité bienheureuse pas si volés.

Yirmi et Shuli avaient pu, parfois, même à travers un éclat de rire, renouer avec leurs fils morts. Mais jamais, écrit Yehoshua, "pendant les rapports sexuels". Ici n’existe que deux êtres, un homme et une femme, et leur fils, mort ou vivant, n'a pas sa place dans leur lit ... Parce que si les fils morts glissent dans l'ombre d'une pensée fugace, ou s’inscrivent dans une simple jambe ou le mouvement d'une main, le sexe meurt alors, ou bien devient putride. Et peut-être pour préserver Eyal, à partir du jour de l'enterrement jusqu’au jour ou elle est morte, [Shuli] résolument mis un terme à sa sexualité, et donc [Yirmi] ainsi, car comment pouvait-il s’ imposer à elle alors qu'il savait que, à tout moment, elle pourrait ouvrir la porte de son esprit et dire: Viens, mon fils, reviens et Je serais de nouveau en deuil. Aurait-il pu dire, au milieu de l'amour, ‘Juste une minute, fils, stop, attend un peu, tu es arrivé trop tôt’. Tout comme ce jour-là, à l'aube, qui, aussi, est un champ de bataille, et "si vous faites un pas de plus vers l'âme de la femme nue que je tiens dans mes bras, je vais vous pulvériser avec des tirs amis ... " Des Passages comme celui-ci, terribles et lyriques, ponctuent le roman et soulèvent des questions fondamentales sur la personnalité, l'identité et l'appartenance.

Dans cette Afrique romantique de Yehoshua, avec son ciel immobile, ses glorieux couchers de soleil, ses collines violettes, une population chaleureuse et nourrissante, se trouve Yirmi "où son être même projette l'autorité de l'homme blanc, chauve et vieux contre l'abondance de la vitalité" du "continent noir". Il interagit avec les Kenyans, les Tanzaniens et les Soudanais déracinés, en particulier, son infirmière-assistante, Sijjin Kuang (qui avait assisté au massacre de toute sa famille au Soudan).

Dans l’Israël de Yehoshua, aussi, nous voyons la complexité et l'hétérogénéité. Il y a une référence, si ce n'est que passagère, aux travailleurs de la construction Chinois et Africains, un ambulancier juif égyptien, des Indiens dans des professions d'aide, et plus visiblement dans "Un feu amical", les Philippins dans les services domestiques. Il y a juste un petit indice, toutefois, que cette diversité (y compris la séparation volontaire des Russes, et l’isolement pas vraiment volontaire des Éthiopiens) est problématique. Et bien sûr il y a les Arabes, y compris une femme enceinte dans Tul Karm, où Eyal a été tué, qui pose très directement la question de savoir qui appartient à où et quoi appartient à qui. Elle est remplie de dignité et de vitalité, mais aussi de colère, et, significativement, de menace.

Le fléau de la gloire

Commençant par "L'Amant" (1977), son premier roman, Yehoshua a portés les caractères arabes d’une véritable humanité dans sa fiction, et cette qualité morale se reflète ainsi dans son action politique de gauche laïque.

Parfois, à cet égard, il est injustement accusé par ses compatriotes de naïveté. Les Israéliens, il s'est plaint une fois à un enquêteur, souvent lui demandent, «Comment pouvez-vous dire ce que vous dites [sur les Arabes], comment pouvez-vous être aussi stupide?" Il ressort, de ce qu'il a alors déclaré à l’enquêteur, que Yehoshua envie le relatif anonymat de Saul Bellow, dont il fit l’expérience assis dans un restaurant, à Cambridge, Massachusetts, juste après avoir remporté le prix Nobel. "J'ai été étonné», dit Yehoshua, "que personne n'a l’ai remarqué. ... Ici, chacun se querelle avec moi, mais avec beaucoup de gentillesse." Son sourire tout en disant cela, et ses performances générales en public, révèlent toutefois, l'amour de Yehoshua pour sa célébrité qui lui donne l'occasion de s'exprimer sur les questions dont il prend grand intérêt.

Dans "Un feu amical", aussi, il y a des tensions et des querelles, mais elles finissent,  au moins dans une calme compréhension, comme dans l’épisode des ascenseurs. Daniela, également, reflétant une large gamme de valeurs partagées, se forces à terminer la lecture d'un roman qu’elle n'aime pas, principalement parce que " l'auteur ne semble pas comprendre que, au cœur des animosités d’une famille, il est une chaleureuse intimité qui ne peut pas exister entre des étrangers. "

Yirmi, privée de femme et de fils, ne semble pas destiné à revenir à cette terre complexe d'Israël, où les gens ont été nourris de Jérémie et de sa cohorte maussade, et sont «tous sur la prochaine catastrophe à venir ... peut-être même l’attendent. " Mais Daniela va rentrer à la maison. Elle relit le prophète Jérémie dans une bible en anglais, elle est à l'hôtel. «Vous voyez les choses en anglais que vous ne pouvez pas voir en hébreu,« dit Daniela, et elle décide (on suppose) que Yirmi a raison de penser que Jérémie est un «râleur professionnel», fastidieux, peut-être même (comme Israël lui-même) d’une irritante perversité.

Néanmoins, elle reviendra à Tel-Aviv, pour la dernière nuit de Hanoukka, pour chanter avec son mari "Ma'oz Tsur," en ce qu'elle précise appelle "un duo," et rechercher avec Amotz un amour marquée par " le réel désir ", un " bastion de roche".

Bonne lecture

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 20:53
 

Grand Hôtel Suez par michal govrin

Deuxième étage au dessus du boulevard Saint-Michel
Sur le trottoir d'en face.
Deux étoiles et des promesses de luxe
De serveurs vêtus de blanc à bord
De paquebots de croisière et de lions d'Aida.
Deuxième étage
Au dessus d'un bazar tapageur d'émigrés
Et de restaurants.
Une enseigne au néon sale
Déclare dans l'insolite du soir
Comme s'une rive se ruant vis-à-vis:
Suez, ville-fantôme de balles perdues
Cadavres racornis de soleil sur le môle
Toi, au comble de la douceur de tes yeux…


Traduit de l'Hébreu par Emmanuel Mosès

 

Je profite de cet article pour indiquer que Michal Govrin a ouvert un site dont certaines rubriques sont encore en construction, mais qui a le mérite d'avoir une entrée en français

 

www.michalgovrin.com

 

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 19:39
 

L'année 2008 aura été une bonne année pour les pièces de l'écrivain israélien Hanokh Levin.

 

En commençant par la Comédie Francaise qui a programmé 'Douce vengeance et autres sketches' au Studio théâtre du 13 mars au 20 avril.

 

'Kroum l'ectoplasme' fut mis en scène le 28 mai au théâtre de CACHAN.

 

'Shitz' a lui été programmée à La Grange Dimière à Fresnes.

Puis, cette même pièce a rencontré un beau succès, salué par la critique, lorsqu'elle fut présentée à La pépinière Théâtre à Paris jusqu'au 1er novembre.

 

'Yaacobi et Leidental' fut présenté au Théâtre de l'Épée de Bois-Cartoucherie de Vincennes-PARIS du 30 septembre au 29 octobre

puis à l'Espace Jacques Prévert-Théâtre d'Aulnay-sous-Bois-PARIS le11 novembre 
 par la compagnie mandarine blanche

Enfin le Théâtre de l’Ephémère au Mans programme deux pièces de Hanokh Levin sur la saison 2008-2009

Yaacobi et Leidental le 26 et 27 novembre prochains

Texte français de Laurence Sendrowicz
Le texte de la pièce est publié aux éditions Théâtrales, "Théâtre choisi I, Comédies"

Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Assisté de Caroline Gonce
Avec: Manuel Le Lièvre, David Migeot, Agnès Pontier.
Scénographie: Sophie Perez
Production : Nouveau Théâtre d'Angers - Centre Dramatique National Pays de la Loire

Résumé et présentation de la pièce

Comédie à l'humour ravageur, Yaacobi et Leidental s'articule autour d'un triangle amoureux insolite : deux amis tombent amoureux de la même femme et de son "gros popotin"...

Finies les soirées interminables de célibataires à boire du thé et manger du hareng. Yaacobi décide de rompre avec son vieux copain Leidental. Pour vivre !

Comme tous les hommes normaux, Yaacobi veut rencontrer la femme de ses rêves et fonder avec elle un foyer. Un soir donc, Leidental va se coucher et Yaacobi sort dans la rue. Il emboite le pas au "postérieur somptueux" de Ruth : elle est pianiste et aspire à éléver son âme vers le ciel, hélas son "gros popotin" la pousse vers le bas... Un conquête amoureuse ce n'est pas facile. Yaacobi est maladroit, timide ; Ruth, malicieuse et intéressée... L'idyle a d'autant plus de mal à prendre que Leidental, qui n'arrive pas à dormir, fait une réapparition inopinée...

Les semaines passent, Ruth et Yaacobi finissent par se marier. Loin d'être mis à l'écart, Leidental devient le témoin actif de leur quotidien... Il est particulièrement dévoué envers l'élue de coeur de son ami Yaacobi. C'est "le monsieur des petits services galants".
La vie conjugale n'est pas à la hauteur des espérances. Grisaille et amertume. On en vient vite à regretter le célibat et les soirées entre vieux copains...


Yaacobi et Leidental est une comédie construite en 30 tableaux qui mêlent dialogues incisifs, chansons, apartés, adresses au public. Hanok Levin associe effets burlesques et situations banales.
Le rire, souvent féroce, aide à mettre à nu la vérité humaine de petites gens pris dans le combat quotidien de l'existence. Les personnages passent plus de temps à parler d'eux mêmes, à exprimer leurs hésitations qu'à vraiment réaliser leurs aspirations. Quand l'acte est réalisé, il porte son poids de regret et d'ennui.

Comment concrétiser ses rêves ? Comment donc changer "sa vie" pour laisser une belle trace de son passage sur terre ?

La pièce insolite de Hanok Levin ne donne pas de réponse. Pâles mais attachants, nos trois anti-héros sont confrontés à leur incapacité d'être heureux.
Mais le tableau est caustique, le rire salvateur...





Une laborieuse entreprise du 4 au 7 mai 2009 

les 4 et 5 par le théatre des agités

les 6 et 7 par NBA productions

Pour les 4 et 5 mai

Mise en scène et scénographie:
Jean-Pierre Berthomier
Avec: Christine Joly, Philippe Lebas, Jean-Pierre Mesnard
Lumière et décor: Alain-Bernard Billy
Musique et son: Marc Brochet
Costumes: Pascale Robin
Dramaturgie: Frédéric Vossier
Assistant construction décor: Daniel Graffoulière


Pour les 6 et 7 mai

Mise en scène : Pierre SARZACQ
Scénographie : Cyrille GUILLOCHON
Avec : Didier BARDOUX, Hélène RAIMBAUT, Pierre SARZACQ
Production : N.B.A. Spectacles avec le soutien du Théâtre Epidaure,
Scène conventionnée/Bouloire


Résumé de Jean-Pierre Berthomier

Monter "Une laborieuse Entreprise", c'est ensemble s'attacher à rendre visible le côté cruel et cynique, comique et burlesque, sans complaisance, du théâtre de Hanokh Levin.
Et plus encore que dans ses autres comédies, c'est offrir au public un vrai mouvement - du rire aux larmes. Dans cette comédie féroce et pathétique, deux êtres vont se déchirer, et nous allons rire de cela.

Sur le plateau est posé un lit blanc immaculé.
Autour, un espace flou, épais. Un présent nocturne.
Un temps plutôt abstrait, morcelé, fragmentaire.
Une sensation réelle de la profondeur de la nuit, entrecoupée par les bruits extérieurs de la vie.
Dans cet espace simple de la chambre à coucher, se rajoutent une chaise, une commode, fondues dans le mur lointain.
Au sol, une multitude de vêtements colorés. La vie est là, l'enfance, la cruauté.
Et au centre, le lit comme microcosme de toutes les émotions du monde. Le lit comme origine du monde.

Dans cet espace, des "personnages-enfants" sans mémoire jouent à la vie, au jeu de l'amour et de la haine devant leur incapacité au bonheur. Le jeu du malheur les fait exister, et malgré toutes les blessures, la méchanceté, la cruauté que l'on inflige à l'autre, ils cherchent l'humanité à leur manière.

A travers eux, Levin nous prend à contre-pied : du dérisoire à la dérision, comme si rien ne méritait d'être pris au sérieux. Nous savons que le réel est pire que la fiction. Dans la vie comme au théâtre nous jouons pour essayer de comprendre. Mais que comprendre ? Et pourtant tout cela à chaque instant nous ramène à notre propre humanité.



Théâtre de l'éphémère
Centre Dramatique du Maine
8, place des Jacobins
72000 Le Mans
Téléphone. 02 43 43 89 89
Fax. 02 43 43 97 21
contact@theatre-ephemere.fr

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 19:45
 Ce texte satirique écrit par Sayed Kashua, écrivain arabe israélien, qui vit à Jérusalem et écrit en hébreu a été publié le 13 novembre 2008 dans le quotidien israélien Haaretz.

Je le reproduis ici en français, une manière pour vous de découvrir la palette de ce jeune auteur israélien et détonnant.

LES KASHUAS 


Les personnages

Sayed (33 ans), sa femme (33), la fille (8) et le fils (3).

Le lieu

Immeuble de 7 étages, 28 appartements. Il y a un ascenseur, mais ils ne s’en servent pas. Sayed : "Parfois, il est bloqué". Sa femme : "En fait, il est claustrophobe". La porte principale est ornée d’un dessin floral portant l’inscription "Maison des Kashtan" [1]. Sayed : "C’est le nom de famille d’origine". Sa femme : "Il vit dans le déni." Sayed : "Le peuple palestinien n’existe pas."

L’historique immobilier

La femme vient d’un village détruit en 1947. Les habitants ont été expulsés ; les membres de sa famille se sont dispersés, beaucoup sont arrivés à Tira, en tant que réfugiés, d’autres ont trouvé refuge en Cisjordanie, en Jordanie et au Danemark. Auparavant, la famille avait des terres fertiles, des orangeraies, des champs de blé et du bétail. Rien ne leur est resté après l’expulsion. La femme : "Nous avons tout perdu à cause du sionisme."

Le sionisme

Sayed : "Je ne crois pas à toutes ces histoires sur son village. Ils n’ont pas été expulsés, ils se sont enfuis. Et d’ailleurs, qui n’a pas accepté le Plan de partition (de l’ONU, en 1947, ndt), hein ? Ils oublient de demander ça. Et vraiment, je n’ai pas envie, là tout de suite, d’entrer dans 2 000 ans d’histoire. Ce n’est pas un sujet dont je veux parler devant les gosses au salon."

Le salon

Deux canapés en skaï. En été, on se brûle les fesses dessus, en hiver on se les gèle ("on regrette de les avoir achetés"). Une table rectangulaire et un buffet assortis, d’ID Design. Sayed : "Voleurs et fils de voleurs." Sa femme : "La même qualité que chez IKEA en deux fois plus cher, tout ça parce que Sayed est incapable d’utiliser un tournevis."

L’utilisation du tournevis

Dans la chambre à coucher. Une fois par mois en moyenne. Sa femme : "Ces derniers temps, pas tant que ça." Sayed : "A cause de la situation financière."

La situation financière

Excellente.

Biographie de Sayed (par lui-même)

Son grand-père est né à Pereyaslav (Ukraine). Son père, socialiste et membre d’un mouvement de jeunesse à Odessa, a fait son alya dans les années 20. Il est l’un des fondateurs de Kfar Tira. En 1943, sa mère, née à Cracovie, a fait son alya après un bref séjour à Chypre. "Une histoire très dure". Son père, militant comme son grand-père, accueillait les "ma’apilim" (immigrants juifs illégaux, avant et après la 2e Guerre mondiale) et a emmené sa future femme à Tira. (ndt : village arabe à 1 km de la ligne verte)

Tira

L’idéalisme est mort. Ce n’est plus comme au temps de son enfance.

Enfance

OK, en gros. Même si ce n’a pas été toujours facile pour un garçon à moitié polonais de grandir à Tira ("J’ai eu du mal à survivre").

Survie

L’alcool.

Biographie de sa femme

Comme tout le monde à l’époque, elle aussi est née à Tira. Ecole élémentaire de Tira, Collège de Tira, Lycée de Tira. Puis trois ans pour une licence, et deux pour une maîtrise. Et puis encore au moins trois ans pour un autre diplôme.

Etudes de Sayed

Comme sa femme sauf qu’après le lycée, il a fait son service au Nahal. Ah oui, il n’y a pas eu de diplôme ("à l’université, j’étais très occupé"). Sa femme : "Il a passé son temps à dormir."

La rencontre

Sayed revenait des dortoirs (de l’Université) du Mt Scopus, ivre. "En fait, je m’en souviens très bien. Je suis rentré vers 8h, complètement beurré." Sa femme était en route pour son premier cours. Elle avait de longs cheveux qui flottaient au vent, et un sac en simili-cuir enroulé à son épaule. Sayed est immédiatement tombé amoureux. Elle, en revanche, n’a pas fait particulièrement attention à lui, mais elle l’a remarqué quand il s’est évanoui devant l’entrée des dortoirs. Selon sa femme, il avait une réputation de bon à rien tout le temps saoul. Personne ne lui prêtait attention. Elle et ses amis méprisaient les étudiants comme lui. Mais tout a changé quand il a commencé à lui envoyer des lettres.

Les lettres

Sa femme : "Je me sentais vraiment désolée pour lui. Tous les jours, je recevais trois ou quatre lettres, qui contenaient une seule phrase : Si tu ne sors pas avec moi, je me suicide." Sayed : "Et puis j’ai commencé à lui envoyer des lettres d’amour, en fait plutôt des petites nouvelles. A l’époque, je lisais les nouvelles de Bukowski, Keret et Calvino, et elle - comment dire sans passer pour un vantard ? - elle n’a pas pu résister devant tant de talent. Elle est tombée amoureuse instantanément. Je peux la comprendre."

Les lettres (suite)

Sa femme : "Je ne voulais pas sortir avec lui. Je me disais : qu’il se suicide, un cas pathologique, c’est tout ce dont j’ai besoin. Alors, il a commencé à répandre des rumeurs sur moi à l’université. A un moment, il a menacé d’aller voir mes parents, qui sont très traditionalistes. J’avais peur qu’à cause de ce dingue, ils m’empêchent de continuer mes études, et les études, c’était pour moi le plus important. Il est venu voir mes parents avec son père et ses tantes. Il leur a dit qu’on sortait ensemble, qu’on s’aimait, et que lui, en tant que personne religieuse, ne pouvait pas continuer dans la voie du péché et qu’il devait se marier. Mes parents ont eu peur pour leur réputation et ils m’ont forcée à l’épouser."

Sayed : "Tout ce que je voulais, c’était quelqu’un qui écoute mes histoires, qui lise ce que j’écrivais, et elle, ça lui a tourné la tête. En fait, elle est devenue complètement accro. Pour lui faire la surprise, je suis allé avec mon père et mes tantes voir ses parents pour leur demander sa main. Ils ont tout de suite été d’accord. Je leur ai donné à lire une nouvelle, assez osée, où un étudiant en rut profite d’une jeune fille. A la fin, sa réputation est sauvée le jour du mariage."

Le jour du mariage

La femme : "Un jour de deuil. J’ai pleuré sans arrêt." Sayed : "Tu aurais dû voir tes larmes de joie ! Elle n’arrivait pas à croire que son rêve se réalisait." La femme : "Il avait bu comme un trou. Il a fini par s’évanouir par terre. Un cauchemar. Il a fallu quatre types pour le soulever et le ramener chez lui." Sayed : "Wow, je me rappelle comment j’ai dansé ! Et quatre ou cinq amis m’ont porté sur leurs épaules, et on a dansé ensemble pendant tout le trajet jusqu’à chez moi. Et aujourd’hui, regardez-nous. Qui aurait cru que, 10 ans plus tard, on serait pris dans ce genre de routine ?"

La routine

La femme se réveille la première, à 6h. Elle se fait un café instantané et le boit tout en préparant le petit déjeuner pour les enfants. Elle lit le journal en faisant les sandwiches que les enfants emporteront à l’école. Quant tout est prêt, elle va dans la salle de bain. Quand elle est prête, vers 6h45, elle réveille les enfants et les prépare pour l’école. A 7h30, elle les conduit en voiture. Sayed dort encore ("à cette heure-là, je ne suis jamais debout").

L’école

Mixte. Avec des Arabes qui veulent que leurs enfants grandissent sans accent, et des gens de gauche qui se servent de leurs enfants pour soulager leur conscience. Les enfants s’y plaisent bien. La fille est en CE1 ("c’est marrant"), et le garçon en 1e année de maternelle. La fille parle déjà couramment hébreu et, cette semaine, le garçon a prononcé sa première phrase complète en hébreu : "Ahmed, ne mets pas les Lego partout."

Le reste de la journée

La femme finit son travail à 15h, et se rue à l’école pour récupérer les enfants. Vers 16h, ils sont de retour. Leur mère les plante devant la télé pendant qu’elle finit de leur préparer à dîner. Ils font leurs devoirs. Deux fois par semaine, elle les emmène à des activités extra-scolaires. Ils rentrent, se douchent, et alors, vers 19-20h, si tout va bien et qu’on a retrouvé la tétine du garçon, les enfants sont endormis.

L’emploi du temps de Sayed

Il n’a pas d’emploi du temps régulier. Il dit être un artiste et refuse que quelqu’un lui dicte son emploi du temps de travail. Mais il travaille dur ("je me casse le cul"). Sa femme : "J’en doute. A la base, il dort à peu près tout le temps. Les mardis, il se lève, bâcle son article en une demi-heure et retourne se coucher."

Le sommeil

Sayed : "Le sommeil me donne de l’inspiration. En fait, tout mon processus de pensée et de travail a lieu pendant le sommeil. Je dors donc je suis."

Le gagne-pain

Sayed se dépêche de répondre : "Tout est sur moi." Sa femme : "Malheureusement, il a raison. Il y a des individus qui encouragent son comportement et qui sont prêts à payer pour ses actes et ses livres."

Les livres

La femme : Ghassan Kanafani, Mahmoud Darwish, Emile Habibi, Emile Toma, Jibrin Ibrahim, Gibran Khalil Gibran, Salim Barakat, etc. (ndt : tous des écrivains arabes)
Sayed : la Bible, Bialik, Alterman, A. D. Gordon, Ahad Ha’am, Jabotinsky, Haim Gouri, Ben-Gourion, etc. (tous des écrivains sionistes classiques)

Indice de bonheur (échelle de 1 à 10)

Femme 3 ("au moins, j’aime encore l’école") ; Sayed 9 ("il me faut de nouveaux oreillers"), fille 6 ("je viens de comprendre que mes parents sont arabes"), garçon 5 ("de toute façon, il ne sait compter que jusqu’à 5, et il vient de recevoir un nouveau ballon de foot il y a deux jours").

[1] Kashtan : nom juif

Voir la fiche de Sayed Kashua dans la rubrique Auteur de K-L

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 21:37

Toujours pour mieux vous faire connaître la littérature etla poésie israélienne, trois autres poèmes d'Israêl Eliraz à découvrir.

 

A table


dit celui qui laisse l'oiseau
se poser sur son visage.

Une lenteur s'accumule dans
une bouche pleine de blanc.


Derrière nous des terrasses capricieuses,
calligraphie presque barbare,


une soif à laquelle on ne peut résister.

On distingue les gens à leur
façon de courir après la pierre.

L'herbe surgit de l'ombre limpide.
Les fourmis inspectent:


s'il y a un mouvement
c'est toujours une naissance.
Tout reste à dire

(traduit par l'auteur)


 

Le jour est passé. Je l’ai vu
passer
sur le mur de la vieille maison,
derrière la fenêtre.
Passé le jour.
Penser et repenser à toi : mais
quoi ?
À ce que j'écris ici sur toi.

Je dois parler de moi à toi.
Le silence est inutile.
Te verrais-je demain ?

Tu es à nouveau avec moi
derrière la fenêtre
remplie de feuilles. A la vue de
mon corps tu commences
doucement à voir ton corps.

Ce qui passe n'est pas seulement
l'hiver.
Le jour passe, meurt dans la
fenêtre, je l'ai vu
passer, passé le jour
traduit de l’hébreu par Esther Orner, Le Nouveau Commerce


 

Du sacré dans les mains aujourd'hui, après des années, nous sommes assis
dans la même goutte d'eau qui attire
l'abeille.

Touche les choses autrement. Une maison, un arbre tout près,
un arbre encore. Derrière le muret, encerclés de rouge
une femme, et une tache ineffaçable ou un pli, un cheval peut-être, là,
près de la vigne, de la fumée verte.

"Et les grappes
sont plus lourdes que la soif"

Encore une heure de lumière
dans laquelle je peux m'asseoir
près de toi, te regarder,
autour, tout autour,
voir comment près de ton épaule
le temps sur ton visage
passe, transforme derrière nous
au bout du sable, l'eau
en un champ qui bouge près d'un
champ

sur un champ et la lumière
se replie jaune, monte plus claire
s'allonge encore un peu
et bientôt disparaîtra
s'éteindra presque

Traduit de l'hébreu par Esther Orner
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 21:32

A découvrir les poèmes d'Israël Eliraz (voir sa fiche dans la catégorie Auteurs de D-F)

Extrait du poème
 

Ici un Levant différent

1
Qu’est-ce que je fais
avec l’ICI blanc
au bord nord dur de l’Asie,

qui sans arrêt naît et explose
de la craie du mont bouclé ?

Et quelqu’un dit pour la
énième fois :

«C’était ainsi ici
depuis toujours »

et n’explique pas « depuis toujours »

il se lève verrouille et la porte
reste ouverte derrière lui

2

Voici un autre Levant.

Ne pas se baisser, ne pas
traverser, ne pas

fermer l'œil
placé dans la vallée de l'œil

qui porte l'héroïque
matériau, qui se divisa

de lui-même vers toi.

Reste complètement silencieux
comme à mi-vol

et si tu parviens
à travers les petits incidents

ne dis pas plus: j'étais un enfant, il y avait un feu.

"Apprends ta place
du monde vert "


3
Un homme passe et dit
un mot

ou
deux et frappe

sur l’arbre au creux
de l’arbre

qui le poursuit,
s’accroche à ses habits.

L’homme chante et l’enfant chante. L’homme
pleure, qui pleure-t-il ?

C’est ça en somme qu’il y a
et aussi un silence

ruse d’un Levant
rempli d’oreilles comme natte ardente.

C’est le silence galiléen s’élevant
sur les pas de l’homme

qui nous dit quelque chose du
monde, de nous, puis partit
sur une route à laquelle
nous n’avions pas pensé.

 

Traduction de Colette Salem

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 20:19
 Je vous invite à prendre connaissance de la production littéraire israélienne de 2008 ; telle qu'elle est présentée par l'institut pour la traduction de la littérature hébreue.

J'ai annoté cette présentation en indiquant quels auteurs n'avaient encore jamais été traduit de l'hébreu et ceux pour lesquels une prochaine traduction est à paraître en France.



Catégorie Roman

Ronit Matalon      The sound of our steps

Ruth Almog          Stranger in paradise
                                 jamais traduite en français, pourtant traduite en anglais,
                                 allemand, chinois, italien, arabe

Eyal Megged        A couple

Ayelet Shamir      Piano in Winter
                                à paraitre en français aux éditions Christian Bourgeois

Benny Barbash   Little big bang

Hadara Lazar       A local affair
                                 jamais traduite en français

Mira Magen          Time will tell
                                 tous ses livres sont traduits en allemand, un seul en français

Avirama Golan     Vital signs
                                 jamais traduite en français

Mira Kedar           One in a thousand
                                exclusivement en hébreu

Yosef Bar Yosef   Who gives a damn about dream
                                  jamais traduite en français

Nava Semel           Australian wedding
                                 traduite régulièrement en allemand, italien, roumain, tchèque,
                                 jamais traduite en français

Michal Zamir         Property : Sold
                                 jamais traduite en français

Hagai Dagan        The holy land sets sail
                                 exclusivement en hébreu

Miri Varon             A time of love
                                exclusivement en hébreu

Yehudit Hendel  The empty place
                                quelques nouvelles ont été traduites en français mais
                                aucun livre en entier

Esty G.Hayim      Three of them
                                exclusivement en hébreu

Alon Altaras         It's our child
                                traduit en italien

Anat Einhar         Summer predators
                                premier livre non traduit

Asaf Schurr         Motti
                                traduit en allemand

Yaniv Iczkovits   Shooting pictures
                                traduit en italien

Netalie Gvirtz      Snails on the highway
                                premier livre non traduit

Shimon Adaf       Sunburnt faces
                                exclusivement en hébreu

Lilach Nethanel  The hebrew condition
                                premier livre non traduit

Omri Teg'Amlak Avera     Astera
                                               traduction à venir en français aux éditions Actes Sud

Einat Yakir             Artisans' center street
                                 exclusivement en hébreu

Yehoshua Kenaz              Apartment with garden entrance & other stories
                                               traduit assez souvent en français

Judith Katzir          Tel Aviv stories
                                   assez souvent traduite en français

Yoram Kaniuk        Magic on lake Kinneret
                                   plus traduit en français depuis 2005, à venir une traduction
                                  de 'The last jew' aux éditions Fayard

Soshi Breiner         Ariadne
                                   exclusivement en hébreu

Catégorie Suspens

Shulamit lapid         The end of the lemon season
                                    souvent traduite en français mais plus depuis 1999

Yair Lapid                 Sunset en Moscow
                                    ses deux premiers romans ont été traduits en français

Yair Lapid                  My heroes (id)

Catégorie Enfants et jeunesse

Nurit Zarchi               Nurit Zarchi's fantastic book
                                     assez peu traduite en français, c'est pourtant l'un des
                                     écrivains pour enfants les plus prolixes d'israel

Nurit Zarchi               Three pears and a unicorm (id)

Tamar Verta-Zehavi          Juggling in Jérusalem
                                              exclusivement en hébreu




A relever :
 l'initiative des éditions Actes Sud de traduire le premier livre de Omri Teg'Amlak Avera, qui est un très jeune écrivain mais surtout qui est le premier écrivain issu de la communauté ethiopienne d'Israël. Son livre relate avec fantaisie l'arrivée d'un jeune éthiopien en Israël. 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 19:57
La prochaine biennale du livre de Jérusalem se tiendra du 15 au 20 février 2009
à Jérusalem, Israël

Créée en 1963 le salon du livre de Jérusalem se tient tous les 2 ans . Plus de 1 200 éditeurs originiaires d'une quarantaine de pays y sont réunis. Ce n'est qu'en 1995 que, pour la première fois, le salon accueillit des professionnels venus du monde arabe. Aujourd'hui, les éditeurs et écrivains israéliens et palestiniens s'y retrouvent. Au programme : conférences, interviews, débats.

Le Jerusalem Prize est décerné à chaque biennale. Ce prix est remis à un écrivain qui exprime et promeut les idées de liberté de l'individu dans la société. La biennale (JIBF) est fière d'avoir decerné Le prix Jérusalem à cinq écrivains qui ont également reçu le prix Nobel de littérature.

Liste des lauréats du Prix Jérusalem 

2007 – Leszek Kolakowsky


2005 - Antonio Lobo Antunes

1983- V.S. Naipaul

2003- Arthur Miller

1981- Graham Greene

2001- Susan Sontag

1979 - Sir Isaiah Berlin

1999- Don Delillo

1977 - Octavio Paz

1997- Jorge Semprun

1975 - Simone de Beauvoir

1995- Mario Vargas Llosa

1973 - Eugene Ionesco

1993- Stefan Heym

1971 - Jorge Luis Borges

1991- Zbigniew Herbert

1969 - Ignazio Silone

1989- Ernesto Sabato

1967 - Andre Schwarz-Bart

1987- J.M. Coetzee

1965 - Max Frisch

1985- Milan Kundera

1963 - Bertrand Russell


Le site officiel :

http://www.jerusalembookfair.com/

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 19:39
Certains grands écrivains israéliens ont toujours marqués leur opinion politique pour la paix, à la gauche de l'échiquier politique.

Aujourd'hui encore ces mêmes écrivains s'engagent pour leurs idéaux
.

C'est sous l'impulsion de l'écrivain Amos Oz qu'est né un nouveau mouvement extra-parlementaire de gauche qui entend apporter son soutien officiel au Parti Meretz. 

Ce mouvement veut "redonner un souffle nouveau à la gauche et au camp de la Paix". Ce qui est nouveau dans ce mouvement, c'est qu'aux côtés d'intellectuels tels qu'Amos Oz, A.B. Yehoshoua, ou David Grossman, habitués du discours de gauche, l'on voit maintenant apparaître également des noms d'anciens ou actuels membres du part travailliste: Ouzi Baram, Shlomo Ben-Ami, Avrom Burg ou Tsli Reshef.

Pour ces figures emblématiques du Parti, "ce dernier a abandonné les deux axes de sa politique traditionnelle: la poursuite de la paix et la justice sociale". Mais il y aussi dans cette initiative une reconnaissance implicite des enjeux qui se profilent à l'horizon concernant l'avenir des négociations entre Israël et ses voisins, et du glissement à droite d'une population qui veut protester contre les concessions vaines faites aux ennemis d'Israël par des gouvernements dont l'éthique politique est largement remise en question.

Source Arouts7 article du 10.11.08
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 11:33
 

Les yeux de mon fils aîné sont comme des figues noires
car il est né à la fin de l’été.

Et les yeux de mon plus jeune fils sont limpides
comme des quartiers d’orange, car il est né en leur saison.

Et les yeux de ma petite fille sont ronds
comme les premiers raisins.

Et tous sont doux dans mon souci.

Et les yeux de Dieu parcourent la terre
et mes yeux à moi entourent ma maison.

Dieu est dans les yeux et dans les fruits
et moi dans le commerce du souci.

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