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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 22:28

Comment ne pas tuer une araignée

 Alex EPSTEIN

Traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-DelpuecH

Editions Do février 2017

 

Les énigmatiques histoires d’Alex Epstein sont de petits poèmes en prose, parfois d’une seule ligne, souvent de moins d’une page. 87 fictions ironiques et philosophiques à la fois, qui peuvent se lire d’un trait ou bien se savourer à petites gorgées. Drôles de paraboles mêlant fréquemment l’histoire à l’imaginaire, elles explorent des thèmes liés aux anges, au mysticisme, à la mythologie, aux livres, à différents voyages, à la géographie, aux animaux mystérieux… Leur brièveté, qui a pour effet d’obliger le lecteur à concentrer son attention, lui fait aussi prendre conscience de tout ce qui peut être dit en si peu d’espace.

 

Extrait :

SUR LA FEMME QUI COLLECTIONNAIT DES MOTS CROISÉS RÉSOLUS Pour les deux collectionneurs, le marché est relativement limité : moi, je collectionne des titres d’histoires que je n’écrirai pas ; Anna collectionne des mots croisés déjà résolus. Il faut pourtant reconnaître qu’on peut beaucoup apprendre de ces mots croisés. Par exemple, la galaxie la plus proche de la Voie lactée, en neuf lettres ? Andromède. Et la planète la plus proche de la Terre, en quatre lettres ? Mars. La capitale de la Belgique en neuf lettres ? Jérusalem, bien sûr. Elle conserve dans un classeur à part ceux qui ont des coquilles. Et ceux qui sont incomplets, quelle qu’en soit la raison : définitions trop difficiles ; temps trop court ; sa collection comprend déjà plus de sept cents spécimens dans diverses langues : russe, français, arabe, italien, anglais, etc. ; une des grilles, c’est du moins ce qu’elle raconte, est composée dans une langue dont personne ne connaît l’origine : le basque. Une autre qui lui est particulièrement chère a été résolue par sa grand-mère en 1931. Elle a été découpée dans un journal en yiddish, « De Shpil », qui signifie « jeux » et qui était publié à Riga, capitale de la Lettonie. Et un autre encore : un des vaisseaux de Christophe Colomb, en cinq lettres… Pinta. Le tiers du tiers, en huit lettres : neuvième. La raison de la mort de Roméo et Juliette, en cinq lettres : amour. À l’étranger, les amis d’Anna cherchent pour elle des mots croisés dans des journaux ou des revues abandonnés dans des trains. Un jour, il faudra que j’essaie de composer une histoire sur Anna ; que je raconte qu’à Leningrad, sa ville natale, elle a étudié la chimie. Aujourd’hui, elle vend des cosmétiques dans une grande firme. Quand elle était enfant, elle bégayait. En mille neuf cent quatre vingt-onze, après avoir appris l’hébreu, cette infirmité a disparu.

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 13:35

Contes ferroviaires ou le Traîne-savates

Sholem Aleikhem

Traduit du yiddish par un collectif

Editions Liana Levi « Piccolo » - paru le 3 mars 2016 (Nouvelle édition)

Le lieu de l’action? Un train dénommé le Traîne-savates.

Les personnages? Ces Juifs d’Europe orientale contraints à la débrouillardise par des siècles de vilénies et de pogroms.

Munis de cette seule arme, ils s’exercent à affronter les tracasseries quotidiennes et les embrouilles administratives, mais aussi, et surtout, à l’art de compliquer les choses... Dans le train, ils se racontent leurs histoires tragicomiques, font revivre le monde disparu du shtetl et soulignent avec humour l’absurdité de la vie.

Critique :

«Vingt monologues attendrissants et souvent pleins d'humour d'un "voyageur de troisième classe"... Des trains rêvés par un conteur d'un autre temps dans une Ukraine polono-russe telle qu'elle n'existera plus jamais.» 

Le Monde

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 13:02

Comme deux sœurs

Rachel Shalita

Editions de L''Antilope – janvier 2016

Traduit de l’hébreu par Gilles Rozier

Véra et Tsiona aiment à se rappeler leur première rencontre, à quatre ans, dans un jardin d’enfants de Tel-Aviv. Véra a grandi entre un père artiste volage et une mère infirmière rangée. Tsiona a perdu son père quand elle était petite.

Après le lycée, Véra, la sensible, l’artiste, ne sait pas ce qu’elle veut faire ; Tsiona, l’effrontée, engagée dans un mouvement de jeunes pionniers, va participer à la fondation d’un kibboutz dans le Néguev.

Malgré leurs différences, elles partagent leurs joies et leurs peines, jusqu’à l’arrivée de Yossef, le rescapé…

À travers le destin de deux héroïnes qui s’aiment comme deux sœurs, le roman entraîne le lecteur dans la société juive de Palestine, de la fin des années 1920 à la création de l’État d’Israël. Une période peu décrite jusqu’à présent dans la littérature israélienne.

Critiques de la Presse

Article Télérama du 27 janvier 2016 – TT On aime beaucoup

Tel-Aviv, Palestine, début des années 1930. Dans un jardin d'enfants, deux petites filles se rencontrent. C'est l'une des versions de l'histoire. D'au­tres situent leur rencontre sur une plage ou sur un banc d'écolières. Qu'importe finalement. Ce qui compte, c'est que les destins de Véra et Tsiona se croisent. Véra-Véroutshka, fille d'artistes dont la culture européenne colle au prénom, et Tsiona, orpheline de père — un maçon, un bâtisseur — dont le nom même porte le sionisme. Si loin, si proches. Inséparables et absolument différentes. Devenues adultes, l'une sera tentée par Paris et sa vie de bohème, l'autre par le kibboutz et son idéal communautaire ; entre elles, un homme, Yossef, rescapé de la Shoah, noyant son désespoir dans la poésie et le rêve d'un monde nouveau...

La grande force de ce premier roman de l'Israélienne Rachel Shalita est d'avoir su raconter, à travers le destin de ces deux héroïnes, les aspirations et les contradictions de la société juive de Palestine avant 1948. Haletant et ­intimiste, le récit donne chair à un ­moment fondamental de l'histoire ­israélienne. Et ouvre le champ d'une profonde réflexion sur la genèse d'un pays. — Béatrice Kahn

Télérama n°3446 - Mis à jour le 27/01/2016.

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 00:41

Un cheval entre dans un bar

David Grossman, Seuil, Le cadre vert, 2015

 

Sur la scène d’un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovalé G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s’en fait le complice pour le martyriser l’instant d’après. Dans le fond de la salle, un homme qu’il a convié à son one man show ? ils se sont connus à l’école ?, le juge Avishaï Lazar, écoute avec répugnance le délire verbal de l’humoriste.

Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Car ce soir-là Dovalé met à nu la déchirure de son existence. La scène devient alors le théâtre de la vraie vie.

Un cheval entre dans un bar est un récit vibrant, porté par un souffle dévastateur qui évolue sur une frontière mouvante entre réalité et inconscient, sentiments violents et actes inaboutis, et où l’humour et la dérision infiltrent les épisodes poignants. David Grossman le magicien se fond dans ses personnages, reproduit leurs propos, du plus cru au plus délicat, exhume les souvenirs refoulés. Tient, en somme, la comptabilité des âmes.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 23:14

Le bruit de nos pas

Ronit MATALON, Stock, 2012

 

« Nous étions trois dans la baraque : mon grand frère, ma grande soeur et moi, el bint , l'enfant, la fille, éternelle troisième personne du singulier. » 

Une famille, une maison au milieu du désert israélien.

La mère : une femme d'origine égyptienne qui parle un mélange d'arabe et de français et veut tenir sa « baraque » coûte que coûte. « L'enfant », qui n'a pas de prénom. Elle est cet être qui erre dans la baraque, dont la mère n'a peut-être jamais désiré l'existence. La Nonna la grand-mère l'aime et la couve comme sa propre fille. Presque trop. Surtout quand la mère part à l'aube pour aller faire le ménage dans de grandes maisons bourgeoises et ne revient que tard le soir.

Il y a la soeur, Corinne, grande coquette qui se marie trop tôt et passe son temps perchée sur des talons aiguilles à ébaucher des projets farfelus.

Le frère, Sammy, menuisier, qui déteste les beaux vêtements et aime boire des litres de coca.

Et le père, Maurice, l'éternel absent, le révolutionnaire idéaliste, qui va et vient dans la famille comme une ombre.
Et « l'enfant » qui voit tout, se souvient et reconstruit pour nous le puzzle familial.

Ronit Matalon nous offre avec Le bruit de nos pas un texte d'une sensibilité et d'une poésie inouïes sur une famille immigrée, démantelée. En décortiquant la structure familiale et la place centrale qu'y occupe la mère, elle interroge la fragilité du vivre ensemble, malgré l'amour et les liens du sang.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 20:28

Collectif présenté et commenté par Ziva Avran, Métropolis, mars 2008

Ziva Avran , conceptrice de l'anthologie, enseigne la littérature hébraïque à l'université de Lille, elle est également traductrice.
Enfance, adolescence, premiers émois, maternité, célibat, vie conjugale sont au centre de cette Anthologie d'écrivaines israéliennes au travers de treize textes, dont certains d'auteurs encore jamais traduits en France. Il y a dans ces récits certes une sensibilité féminine, parfois même féministe, qui traite ainsi de toutes les étapes de l'existence, mais en toile de fond, à travers les récits de vie, se lit également une réalité israélienne, entre autres la mort, omniprésente, qui traîne un peu partout, parfois quotidienne et violente, même si elle n'est jamais évoquée explicitement, parfois comme stigmate indélébile de la Shoah. Pour cette première anthologie de textes traduits en français, Ziva Avran a réuni treize auteures d'univers et d'âge composites, et à travers ces treize voix de femmes, elle a cherché à témoigner non seulement de leur talent d'écriture mais aussi de la vitalité de la littérature au féminin en Israël.
-La jeune fille à la minijupe noire et le jeune nabot à la voiture blanche d'Orly Castel-Bloom
-Un bon coin Ruth Almog
-Jouez-moi l'Appassionata Judith Rotem
-La femme du psychiatre nage dans le bonheur Miri Rozovsky
-Pommes au miel de Yehudith Hendel
-Alliance de Nano Shabtaï
-Oups! de Daniela Carmi
-La tonte Savyon Liebrecht
-Vingt degrés voire plus Léa Aïni
-L'ironie du sort Gafi Amir
-Mrs Robinson Crazy Nurith Zarchi
-Schlafstunde Judith Katzir
-Mira Magen

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 19:32

Aharon APPELFELD, L'olivier 2008

Avant de fuir le ghetto et la déportation, la mère d’Hugo l’a confié à une femme, Mariana, qui travaille dans une maison close. Elle le cache dans un réduit glacial d’où il ne doit sortir sous aucun prétexte. Toute son existence est suspendue aux bruits qui l’entourent et aux scènes qu’il devine à travers la cloison. Hugo a peur, et parfois une sorte de plaisir étrange accompagne sa peur. Dans un monde en pleine destruction, il prend conscience à la fois des massacres en train de se perpétrer et des mystères de la sexualité.

Renouant avec le thème de l’enfant recueilli par une prostituée (présent dans Histoire d’une vie et Tsili), Aharon Appelfeld mêle l’onirisme et le réalisme dans ce roman doué d’une force hypnotique.

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 18:47
Amos OZ, Le livre de poche 1992

Joël Raviv, agent des services secrets israéliens, décide de prendre sa retraite anticipée après la mort mystérieuse de sa femme Ivria (accident ? suicide ? meurtre?).
Cet homme qui n'avait cessé de parcourir le monde - de Manille à Bangkok, de Genève à Helsinki - s'enferme dans le quartier résidentiel de Tel Aviv en compagnie de trois femmes : sa fille Netta, jeune adolescente épileptique, Lisa sa mère et Abigaïl sa belle-mère. Là, en congé de la vie, dans la lente dérive introspective d'une activité quotidienne rythmée par les tâches routinières et obstruée par la récurrence de souvenirs obsessionnels, Joël tente de déchiffrer méticuleusement l'énigme de son existence.
"Et Adam connut sa femme", dit le verset de la Genèse. Peut-on connaître la femme, sa femme, et se connaître à travers elle ? L'agent secret bute au mystère de sa propre vie, aveuglé par le sentiment profond de sa culpabilité : n'est-il pas responsable des crises d'épilepsie de sa fille, de la mort de son épouse, de celle de son collègue "l'acrobate", tué en accomplissant à sa place une mission à laquelle il s'est dérobée?
Derrière l'intrigue principale où foisonnent des personnages pathétiques de médiocrité et flamboyants d'humanité, ce roman très subtil peut se lire tour à tour comme une fable philosophique sur l'incommunicabilité ou une allégorie religieuse sur le pardon. Connaître une femme est au fond un roman initiatique inversé : l'apprentissage n'y procède pas de l'accumulation du savoir mais du dépouillement, du dénuement, jusqu'à la réappropriation de sa liberté par un homme qui a découvert le sens du mot miséricorde...
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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 18:37
Amos OZ, Le livre de poche 1993

La boite noire, celle qui enregistre les dialogues des pilotes, restitue, sous forme de lettres échangées entre Alec et Ilana, après sept années d'éloignement et de silence, leur vie passée. Alec Gidéon, intellectuel de renommée internationale, vit aux Etats-unis; ses rapports exacerbés avec son ex-femme Ilana revèlent un homme blessé, qui n'a pas su oublier.
Ilana, agaçante, passionnée, s'écoutant écrire, n'aura de cesse qu'Alec revienne.
Michel Sommo, pied noir, partisan du grand Israël, deuxième mari d'Ilana à qui il voue un amour total, se laissera corrompre par l'argent d'Alec. Et Boaz, fils d'Alec et d'Ilana, graine de voyou, est le symbole d'une certaine jeunesse, lasse des guerres, qui veut "prendre du bon temps".
Tels sont les acteurs de ce roman des affrontements, dans lequel ce qui est exprimé n'a souvent qu'un lointain rapport avec la réalité. Amos Oz change de registre et se renouvelle dans cette histoire d'amour où la violence, l'érotisme et l'humour servent de révélateurs à un Israël contemporain.
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 15:39
Amos OZ, Folio 2006

Que se passe-t-il dans un kibboutz israélien à trois kilomètres de la frontière jordanienne ? La vie de  tous les jours avec ses petits drames et ses joies naïves noyées dans la fraternité d'une collectivité au travail pour une même cause. Reouven  Harich, poète et instituteur, abandonnée par sa femme, Eva, qui lui a préféré le luxe tapageur d'un juif retourné en Allemagne, reporte toute son affection sur sa fille Noga et son fils Gaï. Et puis, il a une liaison avec la femme de Ezra Berger, Bronka.
Noga, elle, a l'espièglerie de ses seize ans, et repousse les élans maladroits de son jeune amoureux pour se jeter dans les bras du rustre Ezra Berger. Et c'est de nouveau le drame, sordide.
Peintre réaliste du kibboutz, Amos Oz n'en manie pas moins avec talent une ironie voilée de tendresse qui donne toute sa saveur au livre. Il se fait l'oreille complaisante de la médisance pour mieux nous révéler la psychologie de ses personnages dont il brosse les portraits colorés et attachants dans un texte d'une admirable qualité littéraire.
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