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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 21:45

SOUS LA MÊME ÉTOILE

Dorit RABINYAN

Traduit par Laurent COHEN

Les escales éditions Mars 2017

 

    Tout commence par le froid glacial d'un hiver à New York et tout se termine sur le sable brûlant des plages de Jaffa.

    Le hasard a fait se rencontrer et s'aimer une femme et un homme qui ne se seraient jamais adressé la parole dans d'autres circonstances. La femme, c'est Liat, une Israélienne dévorée par une nostalgie profonde de Tel Aviv. L'homme, c'est ‘Hilmi, un peintre palestinien originaire de Ramallah.

    À New York, espace neutre hors du temps et de la politique, Liat et ‘Hilmi décident de s'immerger, le temps d'un hiver, dans un amour impossible. Commence alors une vie commune dont la date d'expiration se rapproche chaque jour un peu plus. Dans cet univers clos qu'ils se sont créé, Liat et ‘Hilmi ont décidé d'ignorer les à-côtés, les différences et les fissures. Mais la réalité finit toujours par s'imposer...

    Après s'être retrouvé au coeur d'une controverse en Israël, Sous la même étoile, son troisième roman, s’est retrouvé au centre d’un scandale après avoir été retiré des programmes scolaires israéliens. Il a par la suite a connu un immense succès populaire et a été salué par les plus grands.

    Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, a notamment écrit : «La haine ne nous sauvera pas. La haine n'engendre que la haine, alors que l'amour est sans limites. Je suis avec Dorit Rabinyan. »

    Amos Oz : « Une finesse rare ».

    Magazine LIRE : « Avec beaucoup de finesse, Dorit Rabinyan décrit les rouages d'une passion pas comme les autres. Celle qui unit un homme et une femme issus de deux mondes à la fois si proches et si opposés. »

     

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    12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 14:27

    Tehila

    Samuel Josph AGNON 
    Postface de Dan Laor

    Collection Du monde entier, Gallimard

    Parution : 06-02-2014

     

    «Il y avait une vieille à Jérusalem. Une magnifique vieille comme vous n’en avez pas vue de toute votre vie. Elle était vertueuse et elle était sage, elle était gracieuse, et modeste aussi. Ses yeux n’étaient que bonté et compassion, et les rides de son visage, toutes de bénédiction et de paix.» 
    Tehila est âgée de 104 ans lorsque le narrateur, lui-même écrivain, fait sa connaissance au cœur de la vieille ville de Jérusalem. Immédiatement ébloui, il nous raconte la bienveillance de cette femme, son extrême générosité ainsi que son passé tragique. Un jour, alors que Tehila lui demande de rédiger une lettre à l’attention d’un certain Shraga, elle lui conte son enfance en Europe et ses fiançailles rompues par son père. Elle décrit les années de malédiction qui s’ensuivirent et qui menèrent ses deux fils à la mort avant de faire sombrer sa fille dans la folie. Depuis, Tehila consacre sa vie à l’étude des psaumes et aux autres, mais elle ne peut se résigner à s’éteindre avant d’avoir adressé quelques mots d’excuse à celui qui aurait dû être son mari, Shraga.                                                                                                                                                                               

    Ce court roman est l’un des textes les plus émouvants de S. J. Agnon, un texte fondateur aux innombrables perspectives. Tehila est un livre sur les différents courants du judaïsme autant qu’un poème dédié à Jérusalem, c’est un texte sur le malheur et un récit sur la sagesse à la fois. Tehila est enfin un merveilleux hymne à la beauté des femmes qui, par-delà-même la mort, rayonne dans l’œuvre du grand écrivain israélien.

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    12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 19:19

    Un roman égyptien

    Orly Castel Bloom

    Actes sud 2016 Lettres hébraïques

    Septembre, 2016 / 11,5 x 21,7 / 208 pages

    traduit de l'hébreu par : Rosie PINHAS-DELPUECH

     

    Autoportrait avec famille, Le Roman égyptien rejoue comme aux dés les pérégrinations des Castil, originaires d’Égypte et auparavant d’Espagne, et encore avant, de la sortie biblique d’Égypte. Sauf que les ancêtres bibliques d’Orly Castel-Bloom ne sortent pas d’Égypte : ils y restent et forment une tribu sauvage, autochtone, qui oublie son judaïsme. Quant aux Castil d’Espagne, ils restent eux aussi sur place et se convertissent pour échapper à l’Inquisition, leur fille devenant même porchère pour donner le change. Plus tard, la famille quitte l’Égypte avec un mouvement de jeunesse sioniste ouvrier et rejoint un kibboutz en Israël, dont elle sera expulsée aussi pour excès de jusqu’au-boutisme stalinien…
    À l’issue de ces trois expulsions historiques dont elle est le fruit, la narratrice n’a pas de nom, pas d’identité, elle est l’aînée, “la grande fille”, “la grande”, en quête permanente d’une place dans le monde.
    La romancière explose ici la narration classique
    façon puzzle, pour mieux dire les éparpillements de l’âme et le poids de l’hérédité. Entre montagnes russes et kaléidoscope d’images et d’émotions, le roman – comme la famille – fait rhizome : les souvenirs qu’on se transmet sous forme d’histoires confinant au légendaire deviennent le limon d’un roman familial aussi constitutif que destructeur et c’est dans ce corps à corps acharné avec un passé lourd de blessures mais traversé d’éclats de rire qu’Orly Castel-Bloom déchaîne une singularité radicale aux résonances universelles.

     

     

    Hélène Schoumann, Jerusalem Post :

    « Un livre plein d’images et de couleurs, tel un univers fractionné qui miroite comme un kaléidoscope et brûle sous les feux de la lumière.  »

    Nicolas Weill, Le Monde des livres :

    « Plus qu'une histoire soumise à la chronologie, le livre donne l'impression d'un longue séquence de cinéma où la caméra s'attarderait sur quelques gros plans avant de reprendre son travelling. L'originalité de la démarche d'Orly Castel-Bloom tient ici à la structure du récit. Comme certains textes sacrés, le roman dessine une sorte de parcours en chiasme où le motif principal, celui vers lequel tout converge, se trouve au centre, et non à la fin du texte.  »

    Kerenn Elkaïm, Livres Hebdo :

    « Elle a son style bien à elle, court, ciselé, impitoyable. Construite de façon anti-chronologique, cette chronique familiale se veut pleine de gravité et de légèreté.  »


     

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    31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:04

    Une nuit, Markovitch

    Ayelet Gundar-Goshen

    Presses de la cité 2016

    Traduit par Laurence SENDROWICZ
    Parution le 25 août 2016
    480 pages

     

    « Une nuit, Markovitch. Une seule et unique nuit, nous dormirons ensemble comme mari et femme. »

    1939. Zeev Feinberg et Yaacov Markovitch quittent leur petit village de Palestine, direction l'Allemagne, où ils ont pour mission d'épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l'intention de retrouver la femme qu'il aime et son enivrant parfum d'orange, Yaacov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella, « la plus belle femme qu'il ait vue de sa vie ». Cette dernière est pourtant déterminée à s'en séparer...

    À travers le destin de personnages inoubliables, Ayelet Gundar-Goshen signe une fresque tour à tour drôle, tendre et déchirante, avec pour toile de fond la création de l'État d'Israël.

     

    Courrez lire ce livre, la presse est unanime !

    Critiques Presse :
    « Un premier roman luxuriant, qui n'est pas sans nous rappeler ceux de Gabriel García Márquez et d'Isabel Allende. »The Guardian


    "A mettre en haut de votre pile pour découvrir un roman différent, où l'on plinge dans l'Histoire en souriant."Flair

    " Ayelet Gundar-Goshen s'avère une conteuse née, à la virtuosité décoiffante. Inspiré de faits réels, Une nuit, Markovitch est une fable drôle et touchante qui impressionne par son souffle et sa maîtrise. Une belle découverte. "LIRE

    " A travers le destin de personnages innoubliables, Ayelet Gundar-Goshen signe une fresque tour à tour drôle, tendre et déchirante, avec pour toile de fond la création de l'État d'Israël. "Horizons Agriculture et Nord Pas-de-Calais

    " Un livre grave et léger comme la vie, sur fond de création de l'État d'Israël. "Le Quotidien

    " Il faut lire ce livre pour le rire rayonnant comme une orange que vous donneront les personnages et leur justesse, pour le sourire face au style éclatant de sensualité d'Ayelet Gundar-Goshen [...] Et quand vous aurez fini ce livre en quartier, vous sentirez autour de vous le doux parfum d'orange. "Chroniques de la rentrée littéraire

    " Un somptueux coup de coeur pour un sombtueux roman. "Wonderbook

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    16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 20:16

    7 années de bonheur 

    Etgar Keret

    Traduit de l’anglais par Jacqueline Huet et Jean­Pierre Carasso.

    Editions de L’Olivier – Collection Littérature étrangère – 2 mai 2014

    Editions Points en Poche – 4 juin 2015

     

    Si une roquette peut nous tomber dessus à tout moment, à quoi bon faire la vaisselle ? Et les oiseaux du jeu Angry Birds, lancés à pleine vitesse sur de frêles maisons, ne ressemblent-ils pas à de furieux terroristes ?

    Avec une ironie hors du commun, Etgar Keret relate sept années de sa vie à Tel-Aviv : la naissance de son fils, l'histoire de sa soeur ultra-orthodoxe et de ses onze enfants, les chauffeurs de taxi irascibles, ses parents rescapés de l'Holocauste, les tournées littéraires mouvementées, et l'attitude peu banale qu'il convient d'adopter lors d'une alerte à la bombe. Etgar Keret offre dans ces chroniques intimes une étonnante radiographie de ses contemporains, où l'émotion et l'humour se conjuguent à tous les temps de l'insolence.

     

    Critique Le Monde :

    Après ses nouvelles où se télescopent ironie, sens de l'absurde et poésie, l'écrivain israélien publie, " en contradiction avec tous ses principes ", un recueil de textes autobiographiques drôles et bouleversants...
    Comment survivre dans un monde cinglé ? Chacun fait comme il peut, répond Etgar -Keret au fil de ces trente-cinq textes qui font rire franchement ou laissent les yeux rougis - parfois, même, les deux. (Raphaëlle Leyris - Le Monde du 5 juin 2014) 

     

    Interview donnée à Libération le 28 mai 2014

    Par Nathalie Levisalles

     

    Où ce livre a-t-il d’abord été publié ?

    En Turquie, en novembre dernier. Pour le moment, il n’est sorti qu’en Turquie, au Mexique et aux Pays-Bas. C’est comme pour les essais nucléaires, on les fait dans des pays qui ne se plaindront pas.

    Quand je suis allé à Istanbul présenter ce livre, mon éditrice a parlé avec un jeune homme qui attendait que je lui signe son exemplaire. Il vivait dans un village situé à onze heures de route et s’occupait de son grand-père. Quelques jours plus tôt, il avait dit à son père qu’il voulait aller à Istanbul rencontrer un écrivain qu’il aimait. Son père lui a demandé qui c’était, il lui a dit que c’était un Israélien. «Tu veux laisser ton grand-père pour aller voir un juif ? Je te l’interdis.» Le soir même, pendant qu’il douchait son grand-père, celui-ci a vu qu’il était triste et lui a demandé pourquoi. Quand le jeune homme a raconté ce qui s’était passé, le grand-père lui a dit :pars, maintenant. C’est moi l’aîné, c’est moi qui décide. Si quelqu’un t’émeut et te fait réfléchir, qu’il soit musulman, chrétien ou juif, tu dois aller le saluer.

    En fait, ma question était : dans quelle langue ces textes ont-ils d’abord été publiés ?

    J’ai écrit le premier jet en hébreu, ils ont été traduits en anglais, j’ai travaillé sur la version anglaise pour le texte final et ils ont d’abord été publiés en anglais. Cela permet de faire une différence avec ma fiction. Bien sûr, les deux types de textes ne sont pas totalement séparés : dans mes nouvelles, il y a un noyau de réalité ; et dans ma «non-fiction», il y a des choses qui relèvent de la licence poétique. Mais mon attitude est très différente : quand j’écris de la fiction, même si ça part de ma vie, je ne sais pas ce qui va sortir. Avec la non-fiction, je me sens obligé de rester près de la réalité.

    Je dois dire que je ne suis pas tout à fait à l’aise avec la non-fiction. Pour moi, il y a dans la fiction quelque chose qui libère, qui autorise une sorte de sincérité. Alors qu’écrire sur sa propre vie, je trouve, revient toujours, consciemment ou non, à plaider sa propre cause. Je me suis toujours un peu méfié des gens qui écrivaient sur eux-mêmes. Mais surtout, il m’est plus facile d’inventer une histoire plus sincère, plus honnête et plus profonde que ne le serait une histoire vraie. Pourquoi écrirais-je sur ce qui est arrivé ?

     

    La non-fiction, c’est une nouvelle carrière ?

    Non, c’est une manière de tourner la page après la mort de mon père. C’est aussi lié à la naissance de mon fils. J’ai grandi dans une famille où l’idée de famille n’allait pas de soi. Ma mère a perdu toute sa famille pendant la guerre. De son père, elle avait reçu une mission : avoir des enfants. J’ai toujours pensé que, pour mes parents, fonder une famille était d’abord un fantasme, un rêve inaccessible, comme les gens qui disent qu’ils veulent devenir milliardaires ou aller sur la Lune. C’est dans ce contexte que j’ai grandi, ça explique beaucoup de choses. Quand mon fils de 8 ans se lève à 5 heures du matin, ma femme lui demande : pourquoi ce n’est pas moi que tu réveilles ? Il répond : quand je te réveille, on dirait que ça t’embête, mais quand je réveille papa, quelle que soit l’heure, il ouvre les yeux et il me sourit. Comme je préfère faire du bien aux gens, je réveille papa. Une autre histoire sur mon fils. Un jour, il devait avoir 4 ans, nous avons pris un taxi en revenant de chez mes parents, ma mère lui avait donné un paquet de tacos. Je lui ai demandé de m’en donner ; d’habitude, il est très généreux, mais il m’a dit non. Quand je lui ai demandé pourquoi, il a répondu : parce que ça ne serait pas juste, quand tu étais enfant et que tes grands-parents te donnaient des tacos, tu ne m’en donnais pas, pourquoi est ce que je t’en donnerais ? Je lui ai dit : Tu sais, Lev, quand j’avais ton âge, je n’avais pas de grands-parents, ils ne me donnaient pas de tacos, parce qu’ils étaient tous morts.

    Il a réfléchi un moment, il m’a tendu le paquet et il m’a dit : prends-le papa, tu m’as coupé l’appétit.

     

    Vous inventez !

    Non, il y a des histoires sur lui que je ne raconte pas parce que je sais qu’on ne me croira pas. C’est un enfant qui est à la fois agité et plein de joie de vivre. D’habitude, les gens qui aiment la vie sont calmes, pas lui. C’est quelque chose que je connais, à nous deux, nous formons un petit groupe de soutien.

     

    Il y a quelques années, vous avez fait une interview de Benyamin Nétanyahou.

    En juin 2011, le quotidien Haaretz a publié, comme Libération, un numéro où ils demandaient à des écrivains de faire le journal. Ils m’ont proposé d’interviewer Netanyahou qui allait en Italie voir Berlusconi. J’ai dit OK, mais il ne voudra jamais. En 1993, j’avais écrit une comédie musicale où Netanyahou mangeait son frère. Pendant que le frère mourait, il lui disait : ne t’en fais pas, un jour, je serai Premier ministre et j’utiliserai ton souvenir. En 1993, personne ne pensait qu’il deviendrait Premier ministre, c’était juste un truc sur l’exploitation de la mémoire. Mais il a finalement accepté et je suis allé à Rome. Pendant que je préparais mon sac de voyage, ma femme a écrit une note et m’a demandé de la lui donner. Elle avait écrit : «M. Netanyahou, je vous demande de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour amener la paix, pour l’avenir de nos enfants et des vôtres. Merci, Shira.» J’ai éclaté de rire et je lui ai dit : qu’est-ce que tu crois ? Qu’il va dire, ah putain, toute ma vie j’ai essayé de bousiller la paix, mais cette femme m’a écrit une gentille lettre, alors je vais changer. Elle a commencé à pleurer et je me suis senti très mal.

    Donc, j’ai pris l’avion et je suis arrivé à Rome. Il y avait une conférence de presse, j’étais au milieu de journalistes politiques très sérieux et très importants. Tous étaient très gentils avec moi. Ils m’ont dit : voilà comment ça marche, tu ne peux pas enregistrer, il faut dire à l’avance quelle question tu vas poser. Et il y a un truc avec Nétanyahou : il ne répond jamais aux questions qu’on lui pose. Les Italiens ont dit que si on finissait assez tôt, ils mettraient à notre disposition une navette pour aller piazza Navona. Toi, tu voyages beaucoup parce que tu es écrivain, mais pas nous. Alors, on te le demande, ne nous bousille pas cette occasion. Ne commence pas à insister avec des trucs à la con. Nétanyahou dira ce qu’il dira, on a été des centaines de fois avec lui, ne prolonge pas la conférence de presse parce que, si c’est trop long, ils ne nous emmèneront pas piazza Navona. J’ai dit OK, ça a commencé, et ma question est arrivée : que faites-vous pour avancer les chances de négociations avec les Palestiniens ? Avez-vous un plan secret ? Il répond : c’est une bonne question, mais ce n’est pas la bonne question. La bonne question, c’est: qu’est-ce que je fais pour protéger Israël d’une attaque nucléaire par l’Iran. Quand il finit, il demande : vous êtes content de ma réponse ? Et je dis : non, vous avez parlé de l’Iran, ce qui est important, mais je veux savoir où en sont les négociations avec les Palestiniens. Il me dit : très bien, voilà une métaphore, il me parle de l’Irlande, de l’IRA… Et il conclut : j’espère que maintenant vous êtes content. Et je dis : non non non, je suis désolé, tous les autres pourront vous reparler, mais moi, c’est la seule occasion de ma vie, et je vais insister, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.

    A ce stade-là, les autres journalistes étaient fous de rage, ils me fichaient des coups de pied sous la table, mais je me suis dit, je suis comme ma femme, je m’en fiche. Il fait encore une réponse, et je dis : non, ce n’est pas une bonne réponse. A ce moment, le chef de cabinet dit : M. Nétanyahou, je pense que vous devriez passer à la question suivante. Nétanyahou dit : non non, je ne passerai pas à la suite avant qu’il ait dit que ma réponse lui convenait. Ça a continué et, à un moment, il a dit : je ne fais rien, parce qu’il n’y a rien à faire. Vous êtes content de cette réponse ? J’ai dit «content» n’est pas le mot, mais maintenant je comprends, merci. A ce moment-là, les journalistes politiques étaient partis, ils ne sont pas allés piazza Navona et plus personne ne m’a adressé la parole. J’ai écrit mon papier et, le lendemain, Haaretz a titré : «Nétanyahou dit qu’il n’y a pas de solution au conflit israélo-palestinien». Ça a fait scandale jusqu’aux Etats-Unis. Des gens ont dit : voilà ce qui se passe quand on envoie un romancier gauchiste, il utilise son imagination. Je me suis retrouvé dans un débat à la radio avec le chef de cabinet de Nétanyahou qui a dit : c’est un problème quand quelqu’un n’est pas professionnel. Ensuite, ils m’ont donné la parole et je me suis adressé à lui : quand on s’est rencontrés, je me suis dit, on n’a rien en commun politiquement, mais c’est un type bien, ce n’est pas un menteur. Je voudrais vous poser une question. Vous étiez dans la pièce avec nous. Nétanhyahou a dit ça ou il ne l’a pas dit ? Il est resté silencieux un moment et il a répondu : il l’a dit, mais je pense que vous ne l’avez pas compris. Et j’ai dit : alors le pays entier a mal compris.

     

    Vous faites toutes sortes de choses, pas seulement des nouvelles ou de la non-fiction.

    Après avoir survécu à l’Holocauste, mon père a changé de profession tous les sept ans au cours de sa vie. Il disait : je ne veux pas vivre une vie, je veux en vivre plusieurs. Ça n’a pas toujours été facile, il s’est parfois retrouvé assez pauvre, mais, ce que j’ai compris, c’est que la vie est une sorte de fête foraine, qu’on n’est autorisé à être là que pendant une journée et qu’il faut monter sur autant de manèges et d’attractions que possible. «Vous avez essayé l’Holocauste, essayez maintenant les voyages, les expériences…» Moi, j’écris de la fiction, des livres d’enfants, de la BD, des scénarios de films, des pièces de théâtre, des paroles de chansons. En ce moment, je travaille avec ma femme à un spectacle de danse, avec la compagnie américaine Pilobolus. Il s’agit toujours de raconter des histoires, mais j’aime faire des expériences différentes. Je pourrais me contenter d’écrire de la fiction pendant cinquante ans, et puis de mourir, comme le font la plupart des écrivains. Ce n’est pas une mauvaise vie, mais ce n’est pas celle que je veux.

     

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    27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 11:17
    La vie en cinquante minutes
    Benny Barbash
     
    Editions Zulma – Littératures du monde entier
    Paru le 17 mars 2016
    Traduit de l'hébreu par Rosie Punhas-Delpuech
     

    Il suffit parfois d’un cheveu… Un long cheveu blond entortillé autour de la bretelle du maillot de corps de son mari. Pour Zahava, c’est l’électrochoc.
    Armée d’une imagination galopante et d’une jalousie débridée, la voilà qui vide les placards, analyse chaque indice, formulant les hypothèses les plus folles sur la vie secrète de son mari : et s’il n'avait pas 
    une mais deux maîtresses, l’une turque en burqa, l’autre italienne péroxydée aux orgasmes sonores ? Sans parler de la poule de Rostov
    Entre le cabinet d’un célèbre analyste, l’antre du serrurier arménien et les états d’âme du détective privé, Zahava s’embarque dans une enquête aux péripéties rocambolesques, un tourbillon aussi vertigineux qu’extravagant.

     

    En libérant le délire interprétatif d’une femme prise au piège de la jalousie, et avec un art magistral du détail et de la digression, Benny Barbash signe un roman tout en finesse, un traité du mariage profond et hilarant.

    Rarement aura-t-on à ce point exalté les errements de la jalousie dans une veine aussi réaliste et aussi drôle, parfois crue, délicieusement subtile, toujours réjouissante : un antidote merveilleux à toute espèce de jalousie.

     

    Critiques Presse et Libraires

    -« Avec un sens de la construction et une ironie bien à lui, Barbash démantèle les codes ancestraux du mariage et nous convie à un périple à la fois enjoué et cuisant à travers des territoires en pleine implosion. »

    Yedioth Ahronoth

    -« Coup de coeur ! Pour s'évader de la morosité ambiante, rien de tel qu'un petit tour dans le nouveau roman de Benny Barbash La vie en cinquante minutes paru chez Zulma Éditions. Où un simple cheveu blond repéré sur un vêtement de son mari déclenche chez Zahava la crise de jalousie la plus outrancière que vous ayez jamais lu ! Subtil et réjouissant ! » Librairie La Paranthèse, Strasbourg
     La Vie en cinquante minutes est aussi une comédie réjouissante des existences ordinaires. Reposant sur une construction en spirale, où l’amorce de chaque scène renvoie à des épisodes passés qui l’éclairent au terme d’un long suspense ludique, le roman est peuplé de personnages qui se rêvent un destin d’écrivain. »
    Ariane Singer, 
    Transfuge
    -« Quand Zahava découvre un cheveu blond sur le maillot de son mari, une jalousie extrême d'empare d'elle. Elle veut à tout prix en découdre et tenter de démasquer une pseudo-liaison conjugale. Sa tête est en perpetuelle ébullition. Parfois drôle et délirant, l'héroine déborde d'imagination. A lire. » Rose Marie de la FNAC Mulhouse

    -« On suit les pensées bouillonnantes et les agissements délirants de cette héroïne en crise, épaté par son énergie déraisonnable à se faire du mal. »

    Version Femina 

    -« Benny Barbash explore d'abord à fond les soubresauts de la jalousie conjugale, mais on n'est pas chez Proust, ni chez Benjamin Constant non plus. Car ça pétille et ça gaze lorsque la pourtant très raisonnable Zahava s'emballe à propos de tout et de rien: tout lui est bon pour alimenter sa suspicion. Moments drolatiques où les délires de l'imagination de la femme jalouse se fondent dans la réalité-même, sans qu'on ne sache plus trop discerner l'imaginaire du vraisemblable. Et elle non plus... » Librairie Sauramps, Montpellier
    -« Un coup de coeur pour le dernier roman truculent de Benny Barbash, 
    La Vie en cinquante minutes. Où comment un cheveu blond sur un maillot de corps peut tout... bousculer. Par un maître es-dramaturgie. » Librairie Alinéa, Luxembourg
    -« Parfois rocambolesque, parfois cruel, souvent très drôle, et toujours réjouissant, le nouveau roman de Benny Barbash confirme son talent de raconteur touchant, mine de rien, à des questions fortes familiales, sociales et politiques. » Librairie Le Rideau Rouge, Paris

     

     
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    3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 20:51

    Une mer une terre

    Maayan Ben-Hagai

    Editions PHEBUS parution le 15 11 2015

     

    Anna, la quarantaine bien sonnée, vit avec sa mère Claudia dans l'appartement de son enfance. La fille est aussi effacée et mal à l'aise que la mère est sans scrupule, égoïste et rayonnante. Ancienne reine de beauté issue d'une famille russe chassée par les pogroms, cette dernière a vécue l'opulence familiale au Caire, dans les années 40, avant d'émigrer, ruinée, en Israël où elle se meure. 
    Après le décès de Claudia, Anna reste un moment prostrée avant de rassembler à la fois ses souvenirs et ceux de sa mère qu'elle mélange. Elle lutte contre des fantômes après avoir lutté toute sa vie contre sa mère. Entre envie, colère et tendresse, elle finit par s'identifier à sa mère, reproduire ses comportements et adopter son histoire.
    Premier roman de Maayan Ben Hagai, Une mer, une terre est un roman de deuil et de souvenirs. Récit d'un enfermement et d'une libération, le texte maîtrise à merveille les détails, les inflexions de la voix et des émotions. Il brosse en creux le portrait d'une femme dont on ne sait plus si elle est la mère ou la fille.

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    25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 17:27
    Youval SHIMONI Metropolis 2001

    Une ville, Paris. Une cathédrale, Notre-Dame. Le vol incessant des pigeons.
    Trois destins symétriques et parallèles le temps d'une soirée et d'une brève
    matinée d'hiver. Rien ne devait réunir ces personnages qui s'ignorent sinon une
    fatalité. D'une part, un couple d'Américains plus très jeunes venus visiter la
    ville. Ils arrivent à l'hôtel, se préparent pour la nuit et sortent le lendemain
    pour une première visite à Notre-Dame. D'autre part, une jeune femme, solitaire,
    se met au lit elle aussi, et le lendemain se rend également à la cathédrale,
    apparemment pour se suicider. Quand Youval Shimoni décrit ce couple dans la
    banalité de leurs dialogues et de leurs gestes, son style s'apparente à celui
    d'une caméra implacable, rien ne lui échappe, mais dès qu'il s'approche de cette
    femme qui vit dans le 16e, le style change, il se fait plus elliptique et le
    dialogue intérieur qui va la conduire jusqu'au haut de la tour Notre-Dame se
    perd dans les méandres de ses divagations. Les deux histoires sont racontées
    simultanément, une page pour l'une, une page pour l'autre. Mais il ne s'agit pas
    d'un simple jeu littéraire, froid et extérieur; en s'entrecroisant, les récits
    fragmentés s'enrichissent mutuellement et acquièrent une profondeur
    insoupçonnée. La lecture peut se faire en alternance, elle apporte à chacun des
    récits quelque chose de l'autre: celui du couple fait passer un peu de sa
    médiocre routine dans le récit de la femme; le sien imprègne sa détresse et une
    dimension tragique à l'histoire du couple. C'est en regard de l'autre, que
    chaque histoire trouve sa véritable dimension.
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    22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 20:55

    Recueil composé par Rosie-Pinhas Delpuech, Editions Joelle Losfeld 2008
    Anthologie de textes en prose et de poésie d'écrivains israéliens : Wieseltier ,Shabtai, Yeshurun, Levin, Ravikovitch, Keret, Tsaig, Someck, Castel-bloom, Sivan, Taub, Avidan, Kenaz, dont certains jamais encore publiés en français.
    'Tel-Aviv Avenir' n'est pas une anthologie au sens classique du terme. C'est un collage subjectif, une déclaration d'amour à une ville à travers des nouvelles, des poèmes et des photos de créateurs telaviviens. L'ensemble se veut volontairement hétéroclite : de longues nouvelles des meilleurs auteurs telaviviens sont scandées, séparées les unes des autres, par un poème ou une photo.Grands poètes et photographes se mêlent à d'autres, moins connus. 'Tel-Aviv Avenir' a été conçu pour transmettre au lecteur qui ne la connaît pas ce mélange d'odeurs, de sueur, d'énergie, de joyeux désespoir, de sexe qui anime cette première ville hébraïque, profane, libre, provocante, qui s'invente pas à pas.

    Rosie Pinhas-Delpuech est auteur et traductrice. Elle dirige également aux Éditions Actes Sud la collection "Lettres hébraïques".

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    29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 21:09

    Savyon LIEBRECHT,  éd. Buchet Chastel / Caractères, 2008

    Un Toit pour la nuit est un recueil de sept récits qui retracent l’itinéraire d’une jeune
    femme, de l’enfance à l’âge adulte, cherchant un abri où se sentir en sécurité. C’est
    la quête de ses origines, de l’amour et de la maternité dans sept lieux différents, mais portant en eux les germes du chaos. Comment trouver un sens à sa vie au coeur du néant ?...
    D’autant que l’itinéraire intime de cette femme et d’autres personnages offrent un écho à l’histoire
    tragique du peuple d’Israël au cours du XXe siècle et du début de XXIe siècle…
    Ainsi, si Amérique interroge le secret des origines, Munich et Hiroschima évoquent la douleur des
    survivants de la Shoah, assimilée au drame japonais. Tel-Aviv et Jérusalem allient inspiration
    biblique et modernité d’une capitale marquée par la peur des attentats-suicides, la montée des
    extrémismes palestiniens et l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Quelle identité peut avoir Israël
    aujourd’hui, quand Kibboutz considère l’idéal brisé qui se termine en une apocalypse nucléaire
    survenue? Mais dans quelle mesure l’auberge intitulée justement « Un Toit pour la nuit », où se
    retrouvent six rescapés ne s’ouvre-t-elle pas sur la promesse d’une vie nouvelle et de la paix… ?
    Ce recueil mêle une histoire individuelle à celle d’Israël dans une construction qui tient en haleine le
    lecteur. Il porte en lui un style vif et mordant avec de la tendresse pour l’humain, y compris dans sa
    dimension érotique et sentimentale.

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